La Fédération saoudienne de football a officiellement apporté son soutien à Gianni Infantino, président de la FIFA, dans un contexte de crise institutionnelle et de contestation croissante autour de sa gouvernance. Ce soutien intervient après l’abandon du projet controversé d’ouverture du football à des investisseurs privés, perçu comme une menace pour l’équité sportive. Une position qui pourrait renforcer la position d’Infantino à l’approche des élections de 2027.
Un revirement saoudien pour stabiliser la FIFA
Dans un communiqué publié ce jeudi, la Fédération saoudienne a salué la reconnaissance par Infantino de ses « erreurs » et de sa décision d’abandonner le projet de création d’une société commerciale destinée à gérer les recettes de la Coupe du monde. Riyad a exprimé son « soutien sans réserve » au président de la FIFA, soulignant la nécessité de « rétablir l’unité au sein de la famille du football » et de « poursuivre le développement du sport dans l’intérêt de tous ».
Cette prise de position intervient alors que plusieurs fédérations européennes, dont l’Italie, ont retiré leur soutien à Infantino, critiquant une gouvernance jugée opaque et un manque de concertation dans la gestion des réformes. Le dirigeant suisse, seul candidat déclaré pour 2027, voit ainsi son isolement politique s’accentuer.
L’Arabie saoudite, nouveau pilier du football mondial ?
Le soutien saoudien prend une dimension stratégique à l’approche de l’organisation de la Coupe du monde 2034, dont le pays sera l’hôte. Ces dernières années, l’Arabie saoudite a massivement investi dans le football, notamment en attirant des stars comme Cristiano Ronaldo et Karim Benzema dans son championnat national. Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie plus large de diversification économique et d’influence sportive internationale.
Cette alliance entre la FIFA et l’Arabie saoudite pourrait aussi refléter une convergence d’intérêts : d’un côté, la volonté de stabiliser la gouvernance du football mondial, de l’autre, l’opportunité pour Riyad de renforcer son soft power via le sport. Une dynamique qui interroge sur l’équilibre des pouvoirs au sein des instances dirigeantes du football.
Un football mondial en quête de cohésion
La crise actuelle autour d’Infantino révèle les tensions croissantes au sein du football international, entre réformes économiques, transparence et équité sportive. Si le projet d’ouverture aux investisseurs privés a été abandonné, les critiques persistent, notamment sur la méthode de gouvernance. Le soutien saoudien pourrait-il suffire à apaiser les tensions avant les élections de 2027 ?
Une chose est sûre : l’Arabie saoudite s’impose désormais comme un acteur clé dans les équilibres du football mondial, à un moment où la FIFA cherche à retrouver une légitimité ébranlée.