Un accord mirobolant de 6 milliards d’euros pour trois parcs de loisirs en France, entièrement financé par l’Arabie saoudite, a été signé fin août 2025. Pourtant, les doutes sur la concrétisation de ce projet, présenté comme un symbole de modernité, s’accumulent.
Un projet pharaonique aux contours flous
Officiellement annoncé comme un « giga projet économique », l’accord prévoit la construction de trois parcs de loisirs dans le Val-d’Oise, accompagnés de 22 000 emplois et de milliers de logements pour leurs salariés. Les 6 milliards d’euros d’investissements saoudiens doivent financer l’intégralité du projet. Pourtant, les détails concrets manquent : aucune date d’ouverture n’est précisée, et les observateurs s’interrogent sur la capacité financière du royaume à honorer cet engagement.
L’Arabie saoudite en difficulté financière, un frein majeur
Le projet s’inscrit dans le cadre de la Vision 2030, un plan de diversification économique saoudien fondé sur des revenus pétroliers élevés et des investissements étrangers massifs. Or, ces deux piliers sont fragilisés : le prix du baril stagne autour de 80 dollars, loin des 100 à 110 dollars nécessaires pour équilibrer le budget, et les investissements étrangers restent en deçà des attentes. Plusieurs mégaprojets saoudiens, comme la ville futuriste The Line ou le partenariat avec le Metropolitan Opera de New York, ont déjà été revus à la baisse ou abandonnés.
Un coup de communication plutôt qu’un investissement réel ?
Pour les experts, l’accord pourrait relever davantage d’une opération de relations publiques que d’un engagement financier concret. Bernard Haykel, professeur à l’université de Princeton, souligne que l’Arabie saoudite privilégie généralement les investissements aux États-Unis ou en Chine plutôt qu’en Europe. Le choix de la France pourrait aussi servir à détourner l’attention des accords militaires récents, comme le pacte de défense signé avec la Turquie et le Pakistan deux semaines plus tôt. Du côté français, l’Élysée met en avant le « rayonnement » du pays, mais les sceptiques rappellent que le parc Mirapolis, symbole d’une autre époque culturelle, avait disparu faute de fréquentation.
Un pari risqué pour Macron
Si l’accord est présenté comme une victoire diplomatique, les risques de non-réalisation sont réels. Les spécialistes interrogés estiment qu’un revirement saoudien est « hautement probable ». Dans ce contexte, la promesse de 22 000 emplois et de retombées touristiques pourrait bien rester lettre morte, laissant la France avec un projet inabouti et des attentes déçues.