Lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane, a vivement critiqué l'inertie de la communauté internationale face à la déstabilisation du Moyen-Orient. Le royaume souligne que la sécurité des routes maritimes régionales est indissociable de la stabilité de l'approvisionnement énergétique mondial, appelant à une coopération multilatérale renforcée.
La vulnérabilité des corridors maritimes stratégiques
Le chef de la diplomatie saoudienne a mis en exergue la fragilité des points de passage cruciaux que sont le détroit d'Ormuz, le détroit de Bab el-Mandeb, le golfe d'Aden et la mer Rouge. Depuis le déclenchement du conflit en février, les restrictions imposées par Téhéran dans le détroit d'Ormuz — par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux — ont profondément ébranlé les marchés. Cette situation est aggravée par le blocus imposé par les Houthis dans le détroit de Bab el-Mandeb, entravant la navigation vers le canal de Suez.
L'impact du conflit yéménite sur la sécurité pétrolière
La reprise des hostilités en juillet entre les Houthis et l'Arabie saoudite a marqué un tournant sécuritaire majeur. En prenant le contrôle du littoral ouest du Yémen, les rebelles pro-iraniens ont renforcé leur capacité de nuisance contre les navires marchands et les infrastructures pétrolières saoudiennes situées sur la mer Rouge. Cette escalade directe menace les chaînes de distribution internationales et place le royaume en première ligne d'une crise dont les répercussions dépassent largement les frontières régionales.
Un appel à une responsabilité collective
Fayçal ben Farhane a qualifié la situation actuelle de « manquement » de la part des puissances mondiales, estimant que ces dernières n'ont pas assumé leurs responsabilités face aux enjeux de sécurité collective. Pour Riyad, la protection de la navigation internationale ne peut reposer sur les seuls acteurs régionaux. Le ministre a insisté sur la nécessité d'une coopération internationale sérieuse pour sécuriser ces axes vitaux, rappelant que tout blocage prolongé dans ces zones stratégiques constitue une menace directe pour l'économie mondiale.