La capitale saoudienne, Riyad, subit une série d'attaques balistiques sans précédent, marquant une dégradation majeure de la situation sécuritaire dans le royaume. Ces frappes, revendiquées par les Houthis, ont entraîné la fermeture prolongée de l'aéroport international et soulèvent des interrogations sur l'efficacité des systèmes de défense antiaérienne saoudiens.
Une menace persistante sur les infrastructures critiques
Pour la troisième journée consécutive, Riyad a été la cible de tirs de missiles, dont un intercepté lundi soir par les forces saoudiennes. Ces événements font suite à deux jours d'attaques particulièrement meurtrières contre l'aéroport international King Khalid, ayant causé la mort de 14 personnes et fait des centaines de blessés. En parallèle, une base aérienne située à Khamis Mushait a été visée par une attaque de drone, également repoussée selon les autorités militaires. Face à cette instabilité, les autorités saoudiennes ont prolongé la fermeture de l'aéroport de Riyad jusqu'à samedi, provoquant l'annulation de nombreux vols internationaux.
Défaillances des systèmes de défense et enquête en cours
L'Arabie saoudite a ouvert une enquête pour comprendre pourquoi ses systèmes de défense n'ont pas réussi à neutraliser la totalité des projectiles. Les premiers éléments suggèrent une tactique coordonnée des Houthis : l'utilisation massive de drones pour saturer les radars avant le lancement de missiles de croisière et balistiques capables de modifier leur trajectoire en vol. Cette capacité technique, combinée à une portée de plus de 1 000 km, met en difficulté les intercepteurs Patriot actuellement déployés par le royaume, posant un défi sécuritaire inédit pour les autorités.
Impacts sur la stratégie économique et les investissements
Cette insécurité croissante fragilise les ambitions économiques de l'Arabie saoudite, qui cherche à diversifier ses activités au-delà du pétrole. Le climat actuel pèse sur les grands événements prévus à Riyad, notamment des conférences internationales sur l'énergie où plusieurs dirigeants d'entreprises ont déjà annulé leur participation. Sur le plan logistique, la compagnie Delta Airlines a annoncé le report de sa nouvelle liaison directe entre Atlanta et Riyad jusqu'en mars 2027. Alors que le PIB réel du pays devrait se contracter de 3,6 % cette année, ces tensions géopolitiques viennent accentuer les pressions sur un climat des affaires déjà sous tension.