L'Alliance pour la République (APR), ancien parti au pouvoir au Sénégal, a exprimé de vives inquiétudes concernant la trajectoire économique et la stabilité institutionnelle du pays. Face aux tensions observées entre l'Exécutif et le Parlement, le parti appelle à la constitution d'un large front d'opposition pour proposer une alternative politique crédible.
Des indicateurs budgétaires sous tension
Dans une déclaration publiée le 28 octobre 2026, l'APR a pointé du doigt les chiffres du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Le parti souligne une baisse des recettes budgétaires de 340,1 milliards de FCFA, couplée à une augmentation des dépenses de 150 milliards. Ces ajustements porteraient le déficit budgétaire à 7,6 % du PIB, contre 5,4 % initialement prévus, tandis que les projections de croissance seraient ramenées de 5 % à 2,7 %. L'APR s'inquiète également d'une réduction de 555 milliards de FCFA des investissements publics, remettant en cause la viabilité du Plan de redressement économique et social (PRES).
Dette intérieure et crise énergétique
Le parti a attiré l'attention sur le poids de la dette intérieure, estimée à 1 956 milliards de FCFA d'arriérés. Cette situation fragilise particulièrement les petites et moyennes entreprises, faute de paiements réguliers de la part de l'État. Parallèlement, l'APR dénonce une gestion énergétique jugée défaillante, marquée par des coupures d'électricité et une hausse des prix des carburants. Le projet de LFR prévoit une augmentation significative des subventions énergétiques, passant de 250 à 790,3 milliards de FCFA, une évolution que le parti demande aux autorités de clarifier.
Vers une restructuration de l'opposition
Sur le plan politique, l'APR réaffirme sa volonté de se réorganiser sous le leadership de Macky Sall en vue de l'échéance de 2029. Le parti prône la création d'un bloc politique unifié, réitérant son soutien à la coalition Takku Wallu Sénégal et son engagement au sein du Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR). L'objectif affiché est de fédérer les forces vives pour proposer un projet alternatif, tout en exigeant du Gouvernement une transparence accrue sur le calendrier électoral et les conditions des négociations en cours avec le Fonds monétaire international (FMI).