Le parti d'opposition Allied Peoples’ Movement (APM) a officiellement saisi la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) pour exiger une enquête sur une divergence comptable majeure concernant les économies réalisées suite à la suppression des subventions sur les carburants. Cette requête vise directement les responsables actuels et passés du ministère des Finances.
Une divergence chiffrée au cœur de la polémique
La controverse repose sur un écart de 12 000 milliards de nairas entre les déclarations officielles. Alors que le ministre des Finances et coordinateur de l'économie, Taiwo Oyedele, a évalué les économies réalisées à 15 800 milliards de nairas, des données antérieures communiquées sous la gestion de son prédécesseur, Wale Edun, faisaient état d'une somme avoisinant les 27 000 milliards de nairas (environ 20 milliards de dollars) en novembre 2024. L'APM demande désormais que ces deux personnalités, ainsi que des responsables du ministère des Ressources pétrolières, soient entendus pour clarifier cette différence substantielle.
L'appel à une enquête parlementaire
Au-delà de l'intervention de l'EFCC, l'APM exhorte l'Assemblée nationale à ouvrir une enquête publique sur la gestion de ces fonds. Le parti insiste sur le droit des citoyens nigérians à obtenir une transparence totale sur l'utilisation des ressources issues de la fin des subventions. Cette démarche s'inscrit dans un climat de méfiance, le parti dénonçant des risques de détournement de fonds publics par des responsables proches de l'administration actuelle.
Les enjeux économiques d'une transparence retrouvée
Pour l'APM, la somme en question, estimée à 12 000 milliards de nairas, représente un levier de développement national manqué. Selon les projections du parti, ce montant aurait pu permettre la construction d'une raffinerie d'une capacité de 250 000 à 300 000 barils par jour, favorisant ainsi la création d'emplois et une baisse potentielle des prix à la pompe. Par ailleurs, ces ressources auraient pu financer 1 000 kilomètres de voies ferrées reliant Lagos à Abuja, un projet stratégique pour désengorger les infrastructures routières et stimuler le commerce intérieur. L'APM a réitéré sa volonté de maintenir la pression politique jusqu'à ce que chaque kobo issu de ces économies soit justifié.