L’All Progressives Congress (APC) s’est imposée sans partage aux élections locales d’Ebonyi, remportant l’intégralité des 13 postes de présidents de conseil et des 171 sièges de conseillers. Mais l’opposition, qui boycotte le scrutin, dénonce une mascarade électorale et une violation des principes démocratiques.
Un scrutin sans opposition : l’APC seule en lice
Les élections locales du 22 août dans l’État d’Ebonyi ont été marquées par l’absence totale des autres partis politiques. L’All Progressives Congress (APC), parti au pouvoir, a remporté la totalité des 184 sièges en jeu : 13 postes de présidents de conseil local et 171 sièges de conseillers. Selon la Commission électorale indépendante de l’État (EBSIEC), le scrutin s’est déroulé dans le calme, et les résultats ont été proclamés dimanche à Abakaliki.
Parmi les nouveaux présidents élus figurent des personnalités proches du ministre des Travaux publics, David Umahi, comme son fils Osborne Umahi, élu dans la zone d’Ohaozara. Les autres lauréats incluent Peace Agwu (Ishielu), Paul Ituma (Ohaukwu), Friday Nwuhuo (Ezza North), Chinedu Mkpuma (Ezza South), Chidi Nwode (Ikwo), Timothy Nwachi (Afikpo North), Ikechukwu Ogbofia (Onicha), Michael Anyim (Ivo), Simeon Onuoha (Edda), Helen Aduga (Izzi), Chidiebere Alo (Abakaliki) et Chibueze Odigwe (Ebonyi).
L’opposition crie à l’illégitimité et brandit la menace judiciaire
Le Parti démocratique populaire (PDP) et l’All Progressives Grand Alliance (APGA) ont rejeté en bloc les résultats, qualifiant le scrutin de « scrutin à parti unique ». Selon eux, cette élection, organisée en dépit de jugements de justice en vigueur, est une violation flagrante de la Constitution nigériane. Le porte-parole du PDP dans l’État, Darlington Onwe, a déclaré que l’exercice n’était « pas une élection du tout », accusant la commission électorale (EBSIEC) et le gouvernement de l’État d’avoir saboté toute participation réelle des autres partis.
Le PDP estime que ce scrutin ne peut conférer aucune légitimité aux élus, et menace de saisir les tribunaux pour contester sa validité. Cette affaire relance le débat sur l’indépendance des commissions électorales locales et le respect des règles démocratiques dans certains États nigérians.
Un précédent inquiétant pour la démocratie nigériane ?
Cette victoire sans opposition à Ebonyi intervient dans un contexte où d’autres États nigérians ont déjà été pointés du doigt pour des pratiques électorales contestées. Bien que les autorités locales aient salué la transparence du processus, les critiques soulignent que l’absence de compétition électorale affaiblit la crédibilité des institutions démocratiques. La question se pose désormais : ce modèle de scrutin, où un seul parti est en lice, peut-il encore être considéré comme une élection valide ?