Le président du conseil d’administration de l’APIX, Lansana Gagny Sakho, a ouvertement appelé à une restructuration radicale de l’exécutif sénégalais. En ciblant directement le Premier ministre Ousmane Sonko et son entourage, il pointe du doigt des dissensions internes qu’il juge incompatibles avec la stabilité économique du pays.
Une rupture politique au sommet de l'État
Lansana Gagny Sakho, membre fondateur du parti Kiiraay, a marqué une rupture nette avec la ligne actuelle du Pastef. Lors d'une intervention publique le 27 septembre 2026, il a exhorté le président Bassirou Diomaye Faye à se séparer de son Premier ministre, Ousmane Sonko, ainsi que de plusieurs responsables proches de ce dernier, dont le ministre Boubacar Kamara. Selon M. Sakho, les désaccords persistants au sein de l'appareil d'État nuisent gravement à la gouvernance et à la confiance des partenaires économiques.
Critique du train de vie de l'administration
Au-delà des enjeux de personnes, le PCA de l'APIX a dénoncé ce qu'il qualifie d'excès dans les dépenses publiques. Il a notamment mis en cause les rémunérations et avantages accordés dans le secteur parapublic, estimant que certains salaires et primes atteignent 15 à 20 millions de francs CFA par mois. Cette critique s'inscrit dans un contexte de rigueur budgétaire, alors que les budgets d'investissement de l'État ont subi une coupe de 555 milliards de francs CFA. Il a également fustigé l'acquisition de véhicules parlementaires facturés à 50 millions de francs CFA l'unité, jugeant ces dépenses déconnectées des priorités nationales.
Réformes structurelles et rationalisation des aides
Pour assainir les finances publiques, Lansana Gagny Sakho préconise une refonte profonde du système de subventions et des aides sociales. Il pointe particulièrement du doigt le coût des bourses étudiantes, qui s'élèvent à 120 milliards de francs CFA par an au Sénégal, un chiffre qu'il juge disproportionné en comparaison avec les 40 milliards alloués par la Côte d'Ivoire pour un poste similaire. En plus de cette rationalisation, il appelle à une transparence accrue dans la gestion des deniers publics et à une mise en conformité des réformes économiques avec les exigences du Fonds monétaire international.