L'ancien roi des arènes, Yakhya Diop « Yékini », a vivement critiqué l'absence de représentants du ministère de la Jeunesse et des Sports lors de la 3e édition des Lutte TV Awards. Cette prise de position souligne une fracture croissante entre les acteurs du monde de la lutte et la tutelle ministérielle, jugée trop distante vis-à-vis d'un pilier culturel et sportif majeur du pays.
Une absence ministérielle pointée du doigt
Lors de la cérémonie tenue le 19 septembre à l'hôtel Noom de Dakar, Yékini a exprimé son incompréhension face à l'absence de la ministre Djirèye Clotilde Coly et de ses collaborateurs. Pour l'ancien champion, le ministère a le devoir d'accompagner les initiatives privées qui œuvrent à la promotion et à la valorisation de la lutte sénégalaise. Il a rappelé que la gestion du sport national exige une présence active sur le terrain, particulièrement lors d'événements qui mobilisent la jeunesse et les figures emblématiques de la discipline.
La lutte comme enjeu de politique publique
Le plaidoyer de Yékini dépasse le cadre d'une simple cérémonie de remise de prix. En interpellant directement la ministre, il soulève la question de la reconnaissance institutionnelle de la lutte, un sport qui dépasse le simple cadre compétitif pour devenir un vecteur d'identité culturelle. Selon l'ancien lutteur, le manque d'implication de la ministre, qui n'aurait assisté à aucun événement lié à la lutte depuis sa prise de fonction, fragilise les efforts des organisateurs comme Ibrahima Faye, dit « Beuz », qui cherchent à moderniser et professionnaliser l'image de ce sport.
Reconnaissance des performances et des acteurs
Malgré les tensions exprimées, la soirée a permis de célébrer les accomplissements de la saison. Le trophée du meilleur lutteur avec frappe, baptisé cette année au nom de Yékini, a été décerné à Sa Thiès, auteur d'une performance marquante en ravissant la couronne de roi des arènes à Modou Lô. D'autres distinctions ont été remises, notamment à Ordinateur, sacré meilleur lutteur sans frappe, et à Petit Lô, désigné meilleur espoir. Ces récompenses illustrent la vitalité d'une discipline qui, selon ses acteurs, mérite une attention politique à la hauteur de son impact social.