L’ancien président Olusegun Obasanjo a exprimé sa profonde tristesse suite au décès de Reuben Fasoranti, figure emblématique d’Afenifere, et d’Emmanuel Uduaghan, ancien gouverneur de l’État du Delta. Dans une déclaration diffusée à Abeokuta, il a rappelé leurs engagements respectifs pour la démocratie, la santé et la stabilité du pays, soulignant l’importance de leur héritage pour les générations futures.
Un hommage à Reuben Fasoranti, bâtisseur de la nation yoruba
Obasanjo a qualifié Fasoranti de « titan » de la génération qui a posé les bases du Nigeria moderne, insistant sur son intégrité et son service désintéressé. Ancien directeur d’établissements scolaires historiques, il a formé des milliers de jeunes avant d’entrer en politique, où il a occupé le poste de commissaire aux finances de l’ancienne Ondo State sous le gouvernement de l’UPN. Son mandat est présenté comme une référence en matière de discipline budgétaire, de transparence et de responsabilité. En tant que leader d’Afenifere, il a su unir le mouvement à un moment de fragmentation, prônant le fédéralisme, la justice et l’équité tout en s’opposant fermement aux dictatures militaires.
Emmanuel Uduaghan, du secteur de la santé à la gouvernance du Delta
Le défunt Uduaghan, décédé à 71 ans, est décrit par Obasanjo comme un « gentleman », médecin dévoué et homme d’État accompli. Son parcours débute comme commissaire à la santé puis secrétaire d’État sous le gouverneur James Ibori, où il a collaboré étroitement avec le président Obasanjo sur les politiques sanitaires et les relations fédérales‑étatiques. Promu gouverneur du Delta en 2007, il a été reconnu pour son administration efficace et son rôle de modérateur calme lors des crises du Niger Delta, contribuant à la paix et au développement de la région.
Leur impact collectif sur la démocratie nigériane
En rappelant les deux figures, Obasanjo met en lumière une période où la résistance aux coups militaires et la promotion d’un fédéralisme authentique ont été essentielles à la consolidation de la démocratie. Les contributions de Fasoranti à la discipline financière et à l’unité culturelle, ainsi que celles d’Uduaghan à la santé publique et à la stabilité régionale, illustrent comment des leaders issus de milieux différents peuvent façonner la trajectoire d’un pays. Leur décès marque, selon le président retraité, la fin d’une ère d’engagement moral et de service public qui continue d’inspirer les acteurs politiques actuels.