Un an après son départ de Bercy, l'ancien ministre de l'Économie français, Éric Lombard, publie un livre bilan dans lequel il livre une analyse nuancée de sa collaboration avec Emmanuel Macron. S'il salue une « vision juste » du chef de l'État lors du premier quinquennat, il pointe du doigt un manque persistant d'exécution des politiques publiques.
Des conclusions parfois incompréhensibles
Dans cet ouvrage publié ce mercredi, Éric Lombard revient sur ses dix mois passés au ministère de l'Économie, de l'Industrie et des Finances. Tout en soulignant les qualités de dialogue et de relation humaine d'Emmanuel Macron, qu'il qualifie d'« absolument exceptionnelles », l'ancien ministre admet ne pas toujours avoir compris les déductions tirées par le président français. « On a eu beaucoup de décisions techniques, il connaît très bien ces sujets. Il en tire des décisions qu'on ne comprend pas toujours, que les Français ne comprennent pas toujours », a-t-il déploré sur RTL.
Le diagnostic d'un déficit structurel d'exécution
Au-delà des divergences personnelles, Éric Lombard identifie un mal plus profond dans le fonctionnement de l'État français : l'absence d'une culture de l'exécution. « Dans l'État, on fait le texte et souvent, après, on s'en occupe moins. Or, il est essentiel, une fois la décision prise, de voir comment elle s'applique », analyse-t-il. L'ancien locataire de Bercy regrette un manque de « verticalité et de chaînes de commandement » dans l'organisation étatique. Un constat qui ternit le bilan positif du premier quinquennat : « La vision était juste, avec un premier quinquennat qui a donné beaucoup de résultats positifs, mais sur l'exécution des politiques au bout d'un moment, ça ne s'est pas fait. »
Des discussions budgétaires 2027 déjà sous haute tension
Ces observations interviennent alors que la préparation du budget 2027 s'annonce particulièrement complexe. Éric Lombard indique soutenir « complètement la démarche » du ministre des Finances Sébastien Lecornu et estime qu'un accord est « possible politiquement ». Toutefois, les signaux d'alerte se multiplient. Jean-Luc Mélenchon (France Insoumise) a déjà averti que son parti censurerait le gouvernement sur un texte qui « va aggraver tous les maux » de l'économie française. Le Parti socialista menacé de faire de même, tandis que le Rassemblement national n'écarte « rien par principe ». Le gouvernement doit présenter son projet de budget à la fin du mois.