La Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) du Nigeria a réitéré sa demande de comparution à l'encontre de l'ancien gouverneur de l'État de Bayelsa, Timipre Sylva. Cette injonction intervient dans un contexte de tensions politiques accrues, marquées par la démission fracassante de l'intéressé du parti au pouvoir, l'APC.
Une convocation sur fond d'accusations de détournement
L'EFCC maintient sa pression sur Timipre Sylva, déclaré recherché depuis novembre 2025. L'agence anti-corruption enquête sur un dossier de conspiration et de conversion malhonnête de fonds portant sur un montant de 14 859 257 dollars. Le porte-parole de la commission, Dele Oyewale, a formellement appelé l'ancien gouverneur à se rendre aux autorités pour répondre aux questions des enquêteurs, balayant ainsi les critiques de l'intéressé sur l'impartialité de l'institution.
La rupture politique de Timipre Sylva
Cette convocation survient quelques heures après l'annonce officielle de la démission de M. Sylva du All Progressives Congress (APC). Dans une lettre datée du 31 août 2026, l'ancien gouverneur dénonce une dérive des idéaux fondateurs du parti et exprime son désaveu vis-à-vis de la gestion actuelle du gouvernement fédéral. Il accuse explicitement l'EFCC d'être devenue un instrument politique au service de l'APC, affirmant que cette institution agit désormais davantage comme un organe partisan que comme une entité étatique indépendante.
Des poursuites judiciaires multiples
Au-delà de l'affaire de fraude financière, la situation juridique de Timipre Sylva est complexe. Il fait face à une procédure judiciaire distincte comprenant treize chefs d'accusation, incluant des soupçons de trahison, d'activités liées au terrorisme, de conspiration et de blanchiment d'argent, en lien avec un prétendu complot contre l'administration du président Tinubu. M. Sylva a formellement nié ces allégations. À ce jour, aucune condamnation n'a été prononcée à son encontre, et l'ancien gouverneur affirme être prêt à assumer les conséquences de sa rupture politique, malgré les risques de pressions accrues qu'il anticipe de la part des autorités judiciaires.