Face à ce qu'il qualifie de « gouvernance de ruine », le Secrétariat exécutif national de l'Alliance pour la République (APR) a officialisé son intention de bâtir un front politique élargi. Cette initiative vise à fédérer les forces sociales et citoyennes opposées à la ligne actuelle du Pastef, dans un contexte de crispation institutionnelle croissante.
Une stratégie de rassemblement dès novembre
Le parti de l'ancien président Macky Sall a annoncé le lancement, dès ce mois de novembre 2026, d'un cycle de concertations nationales. L'objectif affiché est de structurer un « puissant bloc politique » capable de peser sur le débat public. Cette démarche ne se limite pas aux formations partisanes, mais s'étend aux mouvements de la société civile et aux personnalités publiques partageant une lecture critique de la trajectoire actuelle du pays, notamment sur les enjeux de libertés publiques et de stabilité démocratique.
Le blocage budgétaire comme point de rupture
La décision de l'APR intervient dans un climat de forte instabilité au sommet de l'État. Le parti pointe du doigt la récente séquence parlementaire, marquée par le rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) le 3 novembre dernier, ainsi que les difficultés rencontrées lors de l'examen du projet de Loi de finances initiale (LFI) pour l'année 2027. Pour l'APR, ces épisodes législatifs illustrent une fracture profonde entre les institutions et une « guérilla » entre les pouvoirs exécutif et législatif qui paralyserait, selon eux, la gestion économique du pays.
La défense des institutions comme ligne directrice
Au-delà de la critique frontale du Pastef, l'APR justifie sa démarche par la nécessité de « défendre la République ». Le parti dénonce une crise de cohérence au sein de l'appareil d'État, qu'il lie directement aux tensions entre les composantes du pouvoir issues du scrutin présidentiel de mars 2024. En se positionnant comme le pivot d'une nouvelle coalition, l'APR cherche à transformer ce mécontentement institutionnel en une force d'opposition structurée, capable de proposer une alternative à la gouvernance en place sur les questions économiques et sociales.