Plus de deux ans après la défaite électorale de 2024, l'Alliance pour la République (APR) subit une érosion constante de ses effectifs. Alors que de nombreux maires et cadres rejoignent la mouvance présidentielle de Bassirou Diomaye Faye, un cercle restreint de fidèles tente de maintenir la cohésion du parti autour de l'ancien président Macky Sall.
Une hémorragie de cadres vers la majorité présidentielle
Le paysage politique sénégalais est marqué par un basculement significatif des élus locaux vers le nouveau pouvoir. Des figures de proue de l'APR, à l'instar d'Amadou Ba, Cheikh Oumar Hanne ou encore Abdoulaye Seydou Sow, ont pris leurs distances avec la formation. Ce dernier a d'ailleurs officialisé son départ pour lancer son propre mouvement, le « Pacte Républicain ». Cette dynamique est accentuée par les appels directs du président Bassirou Diomaye Faye, qui a récemment reçu plus de 300 maires, fragilisant ainsi l'ancrage territorial historique du parti de Macky Sall.
Le redéploiement d'un état-major de fidèles
Pour contrer cette dynamique, l'ancien président a restructuré son état-major depuis le Maroc. En janvier, il a nommé des responsables chargés de maintenir la ligne du parti, tels que Moussa Bocar Thiam au porte-parolat, Seydou Guèye aux alliances, ou encore Néné Fatoumata Tall à la tête des femmes. Sur le terrain, des figures comme le député Abdou Mbow s'efforcent de remobiliser les bases, notamment à Kaffrine, pour contrer l'influence grandissante du camp présidentiel. Cette stratégie de résistance s'appuie également sur une présence parlementaire active, où l'opposition tente de faire entendre sa voix malgré les défections.
Des divisions internes sur l'avenir du parti
La survie de l'APR est toutefois entravée par des divergences de vision sur son avenir. Si certains cadres, comme Mansour Faye, ont publiquement évoqué des perspectives politiques pour l'ancien président, d'autres responsables, à l'image de Cheikh Ndiaye, prônent une reconstruction axée sur le renouvellement plutôt que sur un retour de Macky Sall au pouvoir. Cette absence de ligne claire, couplée à la vulnérabilité de certains leaders locaux face aux offensives de la mouvance présidentielle, place le parti dans une position délicate. L'assemblée générale prévue le 27 septembre à Kaffrine constituera un indicateur clé de la capacité réelle de l'APR à mobiliser ses troupes dans ce contexte de crise.