Le Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (APR) a officiellement réagi à l’accord financier de 1 243 milliards de francs CFA conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Tout en prenant acte de cette entente, le parti de l'ancien président Macky Sall dénonce une gestion erratique des finances publiques et exige une transparence accrue sur les mécanismes de restructuration de la dette nationale.
Exigence de transparence sur les audits budgétaires
Au cœur des critiques de l'APR figure la gestion de la dette publique, marquée par une controverse persistante sur le niveau d'endettement du pays. Le parti conteste formellement le chiffre de 132 % du PIB, qualifiant cette estimation de construction politique plutôt que de réalité économique. Pour clarifier la situation, la formation politique presse le gouvernement de rendre publics plusieurs documents clés : le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE), le rapport provisoire de la Cour des comptes, ainsi que le rapport du cabinet Mazars. Cette demande s'accompagne d'une exigence de clarté sur le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS).
Risques d'austérité et équilibres sociaux
L'APR exprime de vives inquiétudes quant aux conséquences sociales du programme de redressement budgétaire. Si le parti salue le rétablissement des Bourses de sécurité familiale, dispositif initié en 2013, il met en garde contre une politique d'austérité qui pourrait fragiliser davantage les ménages. Le parti s'oppose notamment à la suppression des subventions, particulièrement dans le secteur de l'énergie, craignant que les mesures de compensation ne soient insuffisantes. L'enjeu est de taille : comme l'a souligné l'économiste Ndongo Samba Sylla, la structure de la dette, libellée en devises, expose le pays à des risques de dégradation financière similaires à ceux observés dans d'autres économies africaines.
Positionnement politique et perspectives
Se revendiquant comme une opposition républicaine, l'APR rejette toute implication dans des négociations souterraines avec le pouvoir actuel. Le parti affirme se concentrer sur la préparation de l'échéance électorale de 2029, tout en dénonçant des pressions exercées sur ses élus locaux. Sur le plan économique, la formation propose de privilégier la relance par de grands projets d'infrastructures dans les secteurs de l'énergie, de la santé et de l'éducation, estimant que la souveraineté nationale ne peut se construire sans une politique économique rigoureuse et structurée.