Face à la gestion actuelle du pouvoir par le régime Pastef, l'Alliance pour la République (APR) initie une stratégie de reconquête politique. Le parti de l'ancien président Macky Sall ambitionne de bâtir un bloc d'opposition structuré pour contester la gouvernance en place et peser sur les débats nationaux.
Un constat de crise institutionnelle et budgétaire
Le Secrétariat exécutif national de l'APR a formulé une critique sévère de la situation actuelle, pointant du doigt une dégradation des indicateurs économiques et sociaux. Le parti met en exergue les tensions entre l'exécutif et le législatif, illustrées par le rejet de la Loi de finances rectificative 2026 le 3 novembre dernier. Ces difficultés, couplées aux incertitudes entourant l'examen du projet de Loi de finances initiale pour 2027, sont interprétées par les cadres républicains comme le signe d'une crise de cohérence au sommet de l'État.
Vers une coalition élargie de l'opposition
L'APR a annoncé le lancement, dès ce mois de novembre, de larges concertations visant à rassembler des partis politiques, des mouvements citoyens et des personnalités indépendantes. Bien qu'aucun partenaire spécifique ne soit officiellement désigné, cette démarche semble s'inscrire dans une volonté de convergence avec les forces déjà critiques vis-à-vis du pouvoir, à l'instar du Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR). Les discussions prévues devraient porter sur des enjeux cruciaux tels que la démocratie, les libertés publiques et la trajectoire économique du pays.
Remobilisation interne et calendrier d'action
Parallèlement à cette stratégie d'alliance, l'APR intensifie son maillage territorial. Après une phase de remobilisation entamée en septembre, le parti poursuit l'installation de nouveaux comités de base et la restructuration de ses mouvements spécialisés, notamment ceux dédiés aux femmes, aux jeunes, aux étudiants et aux enseignants. Cette dynamique organisationnelle doit culminer le 1er décembre prochain avec une manifestation nationale organisée pour marquer le 18e anniversaire de la formation politique, un événement qui servira de test de mobilisation pour le parti.