L'Alliance pour la République (APR), formation politique de l'ancien président Macky Sall, a officiellement rompu le silence face aux récentes auditions menées à l'Assemblée nationale sénégalaise. Le parti dénonce une dérive institutionnelle, qualifiant les travaux des commissions d'enquête parlementaires de « cirque médiatique » orchestré par le camp au pouvoir, Pastef.
Des auditions sous le feu des critiques
La tension est montée d'un cran après une série d'auditions consacrées à la gestion du patrimoine bâti de l'État. Lors de ces séances, des témoignages ont directement mis en cause l'administration précédente, notamment concernant l'attribution de biens immobiliers. L'ancien directeur général de la Sogepa, Yaya Abdoul Kane, a ainsi affirmé que l'octroi de deux villas situées au Point E à l'ancien procureur Serigne Bassirou Guèye avait été réalisé sur instruction directe de l'ancien chef de l'État.
Le procès d'une « théâtralisation » parlementaire
Face à ces révélations, l'APR a exprimé son indignation, estimant que la procédure parlementaire est détournée de sa finalité première. Selon le parti, la forme donnée aux auditions privilégie la recherche du « buzz » et la manipulation de l'opinion publique au détriment d'une quête objective de vérité. L'ancien parti au pouvoir soutient que le principe de la présomption d'innocence est régulièrement bafoué au profit de l'audimat, transformant ce qui devrait être un travail d'investigation rigoureux en un procès d'intention public.
La distinction entre enquête et tribunal
Au cœur de l'argumentaire de l'APR réside une lecture stricte des prérogatives législatives. Le parti rappelle avec insistance qu'une commission d'enquête parlementaire n'a pas vocation à se substituer à un tribunal ni à prononcer des jugements de culpabilité. En transformant l'hémicycle en un espace de communication politique, les élus de Pastef sont accusés d'affaiblir la solennité de l'institution parlementaire. Pour l'APR, ces commissions ne sont que des arènes partisanes visant à marquer des points politiques plutôt qu'à servir l'intérêt général.
Un enjeu de gestion des ressources publiques
Au-delà de la controverse politique, l'APR soulève la question de l'utilisation des deniers publics. Le parti souligne que le fonctionnement de ces commissions mobilise des moyens financiers et humains significatifs. Selon cette lecture, l'usage de ces ressources à des fins de communication partisane constituerait un dévoiement des fonds de l'État. En guise de conclusion, l'APR appelle les élus de l'opposition à se désolidariser de cette démarche, qu'elle juge davantage tournée vers la mise en scène que vers l'exercice démocratique de contrôle parlementaire.