La Confédération des États du Sahel (AES) franchit une étape institutionnelle majeure avec l'ouverture, à Niamey, des premières sessions parlementaires regroupant 45 représentants du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Cette instance, qui réunit 15 députés par pays, vise à donner une assise législative à l'organisation tout en harmonisant les politiques communes dans des secteurs stratégiques.
Une architecture institutionnelle en construction
Du 24 au 29 août, les 45 députés confédéraux se réunissent pour définir les règles de fonctionnement de cette nouvelle instance. Convoquée par le capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de la Confédération, cette session inaugurale doit permettre d'adopter le règlement intérieur, de structurer les commissions et d'établir une feuille de route. Ce déploiement s'appuie sur le Traité du 6 juillet 2024 et les protocoles additionnels ratifiés par les trois États, couvrant des domaines aussi variés que la défense, la diplomatie et le développement économique.
Des prérogatives centrées sur le conseil et l'avis
Contrairement à un parlement supranational classique, les « Sessions confédérales des Parlements » ne disposent pas, à ce stade, du pouvoir de voter des lois directement applicables. Leur mission est de délibérer et d'émettre des avis sur les sujets soumis par le Collège des chefs d'État. Les députés pourront formuler des recommandations, interroger le Conseil des ministres confédéral et contribuer à la diffusion d'informations auprès des populations. La présidence tournante des sessions est alignée sur celle de la Confédération, plaçant ainsi le Burkinabè Ousmane Bougouma à la tête de cette première assemblée.
Le défi de l'influence et de la représentativité
L'enjeu pour ces 45 représentants, issus des organes de transition nationaux, est de transformer cette tribune en un levier concret d'intégration. Si le cadre juridique est posé, l'efficacité de l'instance dépendra de la prise en compte de ses avis par les exécutifs. Par ailleurs, l'absence d'élection directe impose aux députés de démontrer leur capacité à porter les préoccupations quotidiennes des citoyens — comme la libre circulation, la fiscalité ou la sécurité — au sein de la construction confédérale. Le succès de cette initiative se mesurera à la capacité de l'instance à harmoniser les législations nationales et à produire des résultats tangibles pour les populations du Sahel.