Face à la baisse de ses réserves et à la fin des livraisons russes, l’Allemagne cherche à sécuriser son avenir énergétique en se tournant vers l’Algérie, un partenaire désormais incontournable pour Berlin.
Une visite diplomatique axée sur les hydrocarbures et l’hydrogène
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a effectué une visite de deux jours à Alger fin août, centrée sur la sécurisation des approvisionnements en gaz naturel. Cette mission s’inscrit dans un contexte où les réserves allemandes, à 53 % de leur capacité, restent inférieures à la moyenne européenne (65 %), alimentant les craintes pour l’hiver à venir. Les entretiens ont porté sur les opportunités industrielles et énergétiques, avec des rencontres prévues avec le président Abdelmadjid Tebboune, son homologue Ahmed Attaf et le ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab.
L’Algérie, nouveau pilier de la stratégie énergétique allemande
Berlin mise sur Alger pour diversifier ses sources de gaz, après la rupture des livraisons russes. Le ministre Wadephul a souligné la fiabilité de l’Algérie comme fournisseur, rappelant que le pays exporte déjà vers l’Espagne et l’Italie. L’Allemagne a reçu ses premières livraisons de gaz algérien en 2024, via un contrat entre Sonatrach et le groupe allemand VNG. Un nouvel accord, signé en juillet 2024, prévoit des livraisons supplémentaires à partir de 2027, renforçant la coopération bilatérale dans le secteur.
Vers des contrats à long terme et une coopération élargie
L’objectif allemand est clair : obtenir des contrats de livraison à long terme pour garantir un approvisionnement stable. Wadephul a évoqué l’intensification du partenariat, y compris dans le domaine de l’hydrogène, un sujet abordé lors de la visite du président Tebboune à Berlin en juin 2024. L’Allemagne, désormais privée de gaz russe, cherche à sécuriser une partie de ses besoins énergétiques en Afrique du Nord, où l’Algérie joue un rôle clé. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de réduction des risques géopolitiques et de sécurisation des prix, alors que les tensions en Ukraine et au Moyen-Orient perturbent les marchés.
Un partenariat stratégique pour l’Europe et l’Afrique
Cette dynamique illustre l’évolution des relations énergétiques entre l’Europe et l’Afrique. L’Algérie, déjà un acteur majeur pour l’Italie et l’Espagne, devient un partenaire prioritaire pour Berlin. La coopération pourrait s’étendre à d’autres secteurs, comme les énergies renouvelables ou les infrastructures, renforçant ainsi la résilience des deux économies face aux crises internationales. Pour l’Allemagne, l’enjeu est double : réduire sa dépendance aux importations russes et anticiper les besoins futurs, notamment dans un contexte de transition énergétique accélérée.