La petite ville de Klettwitz, en Lusace allemande, incarne aujourd’hui la reconversion post-industrielle : après des décennies d’exploitation minière, ses paysages dévastés se transforment en un laboratoire géant pour l’éolien de haute altitude. Avec des turbines dépassant les 160 mètres, un projet pilote pourrait redéfinir la production d’énergie renouvelable en Europe et au-delà.
Une ancienne mine reconvertie en géant éolien
Klettwitz, symbole des cicatrices laissées par l’extraction du lignite en Allemagne, devient un terrain d’expérimentation pour l’avenir énergétique du pays. Les terrils et les excavations abandonnées accueillent désormais des parcs solaires et éoliens, mais c’est une structure en particulier qui retient l’attention : la centrale éolienne de haute altitude GICON. En cours de construction, elle surplombe déjà les autres turbines du secteur, avec une grue européenne capable de soulever des segments de tour de plusieurs tonnes.
Le vent à haute altitude : un potentiel énergétique décuplé
Pour Jochen Großmann, fondateur de GICON, la clé réside dans l’altitude. « Le vent souffle plus fort et plus régulièrement à mesure que l’on s’éloigne du sol », explique-t-il, tandis que des cordistes assemblent les poutres métalliques à près de 160 mètres de hauteur. Selon ses estimations, une éolienne de haute altitude produit plus du double de l’énergie d’une turbine classique installée au sol. Son ambition ? Installer deux niveaux de captation dans les parcs existants : un premier niveau classique et un second avec des modèles géants, permettant de tripler la production sur une même surface.
Un modèle reproductible en Afrique et en Asie ?
GICON ne compte pas s’arrêter à l’Allemagne. Le PDG évoque un potentiel international colossal, avec des demandes déjà reçues d’Asie et d’Afrique. « Tous les parcs éoliens allemands pourraient accueillir 4 000 éoliennes supplémentaires de haute altitude », souligne-t-il. Une modernisation qui, selon lui, s’appliquerait aussi aux pays africains, où les conditions venteuses pourraient maximiser l’efficacité de ces structures. D’ici 2030, GICON prévoit d’ériger 100 éoliennes de ce type avant d’étendre le concept à 1 000 installations en quelques années, faisant de l’entreprise un acteur mondial potentiel.