Pour pallier la flambée des prix des produits de la mer sur son marché intérieur, l'Algérie a intensifié ses importations en provenance de la Tunisie. Cette stratégie vise à accroître l'offre disponible pour les consommateurs, alors que le coût de certaines espèces, comme la sardine, a atteint des niveaux records ces dernières années.
L'Algérie, quatrième débouché pour la pêche tunisienne
Selon les données de l'Observatoire national de l'agriculture (ONAGRI), l'Algérie s'est imposée au premier semestre 2026 comme le quatrième partenaire commercial de la Tunisie dans le secteur halieutique. Elle absorbe désormais 10 % de la valeur totale des exportations tunisiennes de produits de la mer. Ce volume place Alger derrière l'Italie, premier client avec 37 % des parts, l'Espagne (12 %) et la Libye (11 %).
Un volume d'échanges dépassant les 11 millions de dollars
Sur les six premiers mois de l'année 2026, la Tunisie a exporté un total de 14 000 tonnes de produits de la pêche, générant une valeur de 329 millions de dinars tunisiens. Dans ce cadre, les achats algériens se sont élevés à 32,9 millions de dinars tunisiens, soit une contre-valeur de plus de 11 millions de dollars américains. Ces flux illustrent la dépendance croissante du marché algérien vis-à-vis des ressources halieutiques de son voisin, malgré un littoral algérien étendu de 1 600 kilomètres.
La dynamique commerciale du secteur halieutique tunisien
La balance commerciale tunisienne dans ce secteur affiche une santé robuste avec un excédent dépassant les 66,7 millions de dinars tunisiens au premier semestre 2026, marquant une progression annuelle de 1,9 % en valeur. Parallèlement, la Tunisie maintient une activité d'importation, en hausse de 4,6 % en valeur. Il est à noter que 82 % des volumes importés par Tunis sont destinés à la transformation industrielle, soulignant une spécialisation de la filière tunisienne dans la valorisation des produits avant réexportation ou consommation locale.