Le 10 septembre 2026, l'Algérie a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, dénonçant des agissements qualifiés de provocateurs. Cette décision radicale intervient dans un climat de méfiance accrue, marqué par une intervention militaire algérienne inédite au Niger pour soutenir le général Abdourahamane Tiani.
Une démonstration de force inédite à Niamey
Le 29 août 2026, au lendemain d'une tentative de mutinerie contre le pouvoir en place à Niamey, l'Algérie a déployé quatre Sukhoï Su-30 accompagnés d'un ravitailleur vers le Niger. Cette opération aérienne, la première du genre hors des frontières nationales, illustre la volonté d'Alger de sécuriser ses zones d'influence. Ce geste s'inscrit dans une stratégie de rapprochement avec les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES), consolidée après une période de tensions diplomatiques, notamment avec le Mali, et une relance des projets énergétiques structurants comme le gazoduc transsaharien.
Le contentieux algéro-émirati
Si le communiqué officiel du ministère algérien des Affaires étrangères reste évasif sur les faits précis, la rupture acte un contentieux profond et ancien. Alger reproche à Abou Dhabi des ingérences répétées dans ses processus électoraux, des désaccords sur des projets immobiliers passés, ainsi qu'une opposition frontale à la normalisation diplomatique des Émirats avec Israël. Au-delà de ces griefs bilatéraux, la diplomatie algérienne soupçonne les Émirats de soutenir des dynamiques d'instabilité au Soudan, en Libye et au Mali, menaçant ainsi la stabilité régionale que l'Algérie cherche à préserver.
Conséquences immédiates de la rupture
La décision du 10 septembre a entraîné des mesures de rétorsion immédiates. L'ambassadeur émirati a reçu un ultimatum de 48 heures pour quitter le territoire, tandis que l'espace aérien algérien a été fermé aux appareils militaires et civils émiratis. Seuls les vols commerciaux bénéficient d'une dérogation temporaire jusqu'à la fin de l'année 2026. Bien qu'aucun lien officiel n'ait été établi entre Abou Dhabi et la mutinerie nigérienne, cette rupture marque la fin d'une relation diplomatique établie peu après l'indépendance algérienne en 1962, soulignant la volonté d'Alger de s'affirmer comme un acteur incontournable face aux puissances étrangères dans le Sahel.