Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a réitéré l'engagement de son pays à garantir la sécurité énergétique de l'Europe lors du sommet du Forum des pays exportateurs de gaz à Moscou. Cette déclaration souligne la volonté d'Alger de maintenir sa position de fournisseur stable, tout en misant sur des projets d'infrastructure transcontinentaux pour renforcer son influence sur le marché mondial.
Un positionnement historique sur le marché gazier
Dans son allocution, lue par le Premier ministre Sifi Ghrieb, le chef de l'État a rappelé l'antériorité de l'Algérie dans l'industrie gazière, citant la mise en service du premier complexe de liquéfaction au monde à Arzew en 1964. Aujourd'hui classé parmi les dix plus grands producteurs mondiaux, le pays s'impose comme le deuxième fournisseur de l'Union européenne par gazoducs. Cette solidité opérationnelle, maintenue même dans des contextes internationaux complexes, constitue l'argument central de la diplomatie énergétique algérienne pour rassurer ses partenaires européens sur la continuité de ses engagements.
L'ambition stratégique du gazoduc transsaharien
Au-delà de ses exportations actuelles, l'Algérie place le projet du gazoduc transsaharien (TSGP) au cœur de sa stratégie de développement. Ce pipeline, conçu pour acheminer le gaz du Nigeria vers l'Europe via le Niger et l'Algérie, représente une capacité d'exportation projetée de 30 milliards de mètres cubes par an. Le président Tebboune a confirmé que l'Algérie mobilisera son expertise technique et ses capitaux pour assurer la concrétisation de cette infrastructure majeure.
Sécurisation des intérêts énergétiques régionaux
La concrétisation du TSGP s'inscrit dans une vision plus large de coopération Sud-Sud, visant à utiliser les ressources gazières comme levier contre la pauvreté énergétique sur le continent africain. Pour garantir la viabilité de ce projet, Alger a récemment pris des mesures concrètes, notamment par le déploiement d'unités militaires au Niger. Cette décision vise à protéger les intérêts énergétiques et économiques communs, soulignant l'importance de la stabilité sécuritaire dans la réalisation des grands projets d'intégration régionale et d'exportation vers le marché européen.