L'Algérie intensifie ses préparatifs diplomatiques et techniques en vue du prochain sommet consacré au projet SoutH2 Corridor, prévu en septembre à Alger. Cette rencontre stratégique vise à consolider une alliance énergétique majeure avec l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche et la Tunisie pour le déploiement d'une filière d'hydrogène vert à grande échelle.
Une concertation multilatérale à Alger
Le ministre de l'Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a récemment réuni ses équipes pour piloter l'organisation de ce sommet international. L'objectif est de donner une suite concrète aux discussions entamées à Berlin en novembre dernier. En réunissant les ministres de l'Énergie des pays partenaires, Alger cherche à franchir une étape décisive dans la structuration de cette alliance, notamment en définissant les zones d'implantation des futures unités de production industrielle.
Un corridor énergétique de 3 300 kilomètres
Le projet SoutH2 Corridor se présente comme une infrastructure vitale pour la décarbonation du bassin méditerranéen et de l'Europe centrale. Ce tracé de 3 300 kilomètres ambitionne de relier directement les sites de production algériens aux centres industriels allemands. Pour optimiser les coûts et les délais de mise en œuvre, l'initiative prévoit de s'appuyer sur les infrastructures gazières existantes, telles que le gazoduc Transmed qui traverse le territoire tunisien, tout en intégrant les nouvelles technologies nécessaires au transport de l'hydrogène.
Objectifs de production et enjeux européens
L'ambition affichée par ce corridor est de permettre le transit annuel de 4 millions de tonnes d'hydrogène vert vers le Vieux Continent. Sur ce volume total, l'Algérie prévoit d'assurer une production directe de 1,2 million de tonnes. Classé comme initiative prioritaire par la Commission européenne, ce projet représente un enjeu stratégique pour la sécurité énergétique européenne et le positionnement de l'Algérie sur le marché mondial des énergies propres. Parallèlement à ces préparatifs, les autorités algériennes poursuivent une réflexion globale sur la gestion du secteur énergétique, incluant des concertations avec le Commissariat à l'énergie atomique (COMENA).