L'Algérie interpelle l'Union africaine sur son inefficacité face à l'insécurité galopante sur le continent

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
L'Algérie interpelle l'Union africaine sur son inefficacité face à l'insécurité galopante sur le continent

Lors de la XXIe session extraordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement en Angola, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a vivement critiqué l'immobilisme de l'Union africaine (UA). Face à une dégradation sécuritaire marquée par 17 000 décès annuels liés au terrorisme, Alger appelle à une refonte profonde des méthodes d'intervention de l'organisation continentale.

Un bilan sécuritaire alarmant

Le constat dressé par le chef de l'État algérien est sans appel : le continent fait face à une multiplication des foyers de tension et à une ingérence étrangère croissante. Les chiffres avancés soulignent une crise majeure, avec une hausse de 400 % des attaques terroristes sur la dernière décennie et une augmentation de 237 % des victimes. L'Afrique concentre désormais 63 % des décès mondiaux dus au terrorisme, la région sahélo-saharienne étant la plus durement touchée avec plus de la moitié des pertes humaines totales.

Dépasser l'institutionnalisme pour l'action

Pour Alger, le problème ne réside pas dans l'absence de textes, mais dans un manque criant de volonté politique et une mise en œuvre défaillante des engagements. Le président Tebboune préconise une approche pragmatique : renforcer les mécanismes existants plutôt que d'en créer de nouveaux, tout en activant pleinement le Fonds pour la paix de l'UA. Il insiste sur la nécessité d'une présence accrue sur le terrain, notamment par le déploiement effectif de la Force africaine en attente et une implication directe des chefs d'État dans les processus de médiation.

Lier paix, développement et humanitaire

Au-delà de la réponse sécuritaire, l'Algérie souligne l'interdépendance entre la stabilité politique et le développement socio-économique. Le plaidoyer algérien met en avant l'urgence d'une action unifiée pour répondre aux crises humanitaires, tout en orientant les ressources de l'Union vers des projets concrets favorisant l'autonomisation des jeunes et des femmes. Cette prise de position s'inscrit dans une dynamique de retour diplomatique actif de l'Algérie au sein de l'UA, illustrée par l'élection récente d'une candidate algérienne au poste de vice-présidente de la Commission et par un réchauffement des relations diplomatiques avec plusieurs États du Sahel.

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