Les relations commerciales entre l'Algérie et l'Italie ont franchi le cap des 6,78 milliards d'euros au premier semestre 2026. Si le partenariat demeure structurellement ancré dans le secteur énergétique, une mutation significative s'opère : l'Algérie accroît massivement ses acquisitions de technologies et d'équipements industriels italiens pour soutenir ses capacités de production.
Une montée en puissance des équipements industriels
Le secteur des machines et équipements s'impose comme le moteur des exportations italiennes vers le marché algérien. Avec une progression spectaculaire de 52,6 % sur un an, ces produits représentent désormais plus de 40 % des ventes italiennes, totalisant 650 millions d'euros. Cette dynamique est portée par les machines d'usage général, notamment les turbines, pompes et compresseurs, dont les ventes ont bondi de 154,5 % pour atteindre 280 millions d'euros. Ces investissements ciblent prioritairement les secteurs de la construction, de l'agroalimentaire, de la transformation plastique et de l'imprimerie.
La prédominance persistante de l'énergie
Malgré cette diversification, l'équilibre des échanges reste fortement corrélé aux hydrocarbures. Les exportations algériennes vers l'Italie sont dominées à plus de 82 % par le gaz naturel, qui représente une valeur de 4,3 milliards d'euros. Cette dépendance énergétique, bien que stable, souligne la complémentarité entre les deux nations : l'Algérie assure une part majeure de l'approvisionnement énergétique italien, tandis que l'Italie se positionne comme un fournisseur stratégique de solutions technologiques pour l'industrie algérienne.
Vers une modernisation du secteur agricole
La tendance à l'équipement devrait se poursuivre dans le domaine agricole. Une mission commerciale, prévue à Alger fin septembre, réunira 15 entreprises italiennes spécialisées. Cette initiative, portée par l'Agence italienne pour le commerce extérieur et FederUnacoma, vise à introduire des technologies de pointe en matière d'irrigation et de mécanisation. Ce déploiement s'inscrit dans la volonté affichée des deux pays de renforcer la coopération technique, au-delà des simples échanges de matières premières, pour accompagner la modernisation des moyens de production locaux.