L'Algérie installe 53 nouveaux postes de contrôle aux frontières pour traquer la fraude aux importations

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 16 lectures
L'Algérie installe 53 nouveaux postes de contrôle aux frontières pour traquer la fraude aux importations

L’Algérie durcit son arsenal contre la fraude aux importations en créant 53 inspections spécialisées aux frontières, maritimes, aéroportuaires et zones sous douane. Cette mesure, annoncée par deux arrêtés interministériels publiés au Journal officiel, s’inscrit dans une stratégie plus large de régulation du commerce extérieur, alors que les pratiques frauduleuses se multiplient depuis plusieurs années.

Un maillage territorial inédit avec 28 wilayas concernées

Les 53 inspections, réparties dans 28 wilayas, couvrent l’ensemble des points d’entrée du pays. Alger concentre à elle seule neuf postes, notamment aux ports, à l’aéroport Houari Boumediene et dans les zones sous douane de Rouiba, du Hamiz ou encore d’Oued Smar. Les autres wilayas stratégiques comme Oran, Constantine, Annaba ou Tlemcen abritent également des structures dédiées. Cette répartition reflète l’importance accordée à la surveillance des flux commerciaux, aussi bien en Méditerranée qu’aux confins du Sahara.

Un double objectif : qualité et répression des fraudes

Ces inspections ont une double mission : vérifier la conformité des produits importés aux normes sanitaires et techniques, et traquer les fraudes commerciales. Elles s’ajoutent aux mesures déjà en place, comme le Programme prévisionnel d’importation (PPI) instauré en juillet 2025, qui soumet toute importation de produits finis, matières premières ou équipements à l’approbation du ministère du Commerce extérieur. L’objectif est clair : endiguer les contournements et les importations illicites qui pèsent sur l’économie nationale.

Tebboune exige des laboratoires de contrôle dans tous les ports et aéroports

Le président Abdelmadjid Tebboune a donné une impulsion supplémentaire à cette politique en ordonnant, dès le 7 juin, la création et la gestion de laboratoires de contrôle des produits de consommation dans l’ensemble des ports et aéroports du pays. Cette décision vise à accélérer les procédures de vérification et à réduire les délais de dédouanement, tout en garantissant la sécurité des consommateurs. Elle s’inscrit dans une logique de modernisation des infrastructures commerciales, où la rapidité ne doit pas primer sur la rigueur.

Un tournant pour l’économie algérienne ?

Ces mesures pourraient avoir des répercussions majeures sur le commerce extérieur algérien. D’un côté, elles pourraient rassurer les partenaires économiques en garantissant des importations conformes et sécurisées. De l’autre, elles risquent d’alourdir les coûts logistiques et de ralentir certaines chaînes d’approvisionnement, surtout si les contrôles s’avèrent trop stricts. Pour les consommateurs, l’enjeu est double : une meilleure qualité des produits disponibles, mais aussi une possible hausse des prix si les fraudes, aujourd’hui massives, sont effectivement réduites. À suivre, l’impact réel de ces inspections sur les flux commerciaux et les prix à la consommation dans les mois à venir.

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