Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a effectué une visite de travail à N'Djamena le 3 novembre, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement diplomatique entre l'Algérie et le Tchad. Cette mission, conduite en tant qu'envoyé spécial du président Abdelmadjid Tebboune, vise à consolider une dynamique bilatérale axée sur la sécurité régionale et le développement économique.
La mise en œuvre des accords économiques
Les échanges entre les deux délégations ont permis de dresser un bilan positif des engagements pris en avril dernier, lors de la 4e commission mixte algéro-tchadienne. À cette occasion, une trentaine d'accords avaient été scellés pour renforcer les liens entre les deux nations. Parmi les projets concrets en cours de déploiement, la construction d'une centrale électrique à N'Djamena figure comme un pilier majeur de cette coopération industrielle et énergétique.
Un axe sécuritaire au cœur des priorités
La stabilité du Sahel a constitué le point central des discussions entre Ahmed Attaf et son homologue tchadien, Ahmat Kogri. Dans un contexte régional marqué par des mutations sécuritaires profondes, Alger cherche à coordonner ses efforts avec N'Djamena pour faire face à la menace terroriste. Cette démarche s'inscrit dans une stratégie plus large de l'Algérie, qui multiplie les contacts diplomatiques avec ses voisins pour sécuriser ses intérêts énergétiques et maintenir une influence dans une zone en pleine recomposition.
Une diplomatie directe dans un Sahel fragmenté
L'analyse des experts souligne la position singulière de l'Algérie dans le paysage sahélien actuel. Alors que les organisations régionales traditionnelles, telles que le G5 Sahel, ont perdu de leur influence et que les alliances se redessinent, Alger privilégie désormais une diplomatie bilatérale directe. En conservant des canaux de communication ouverts avec des capitales aux trajectoires divergentes, comme Niamey et N'Djamena, l'Algérie se positionne comme un acteur incontournable du dialogue régional. Cette capacité à maintenir un pont entre les différents blocs sahéliens représente, selon les observateurs, un atout diplomatique stratégique pour Alger dans une région où les équilibres politiques restent précaires.