Face à la raréfaction de la pomme de terre sur les étals algériens, les autorités ont enclenché une opération de déstockage stratégique dans plusieurs wilayas. Cette mesure vise à pallier les tensions d'approvisionnement observées depuis l'instauration d'un plafonnement des prix au début du mois d'octobre.
Une intervention ciblée dans les wilayas
La direction du commerce d'Oued Djellal a officiellement lancé le déstockage de quantités de pommes de terre conservées en chambres froides. Cette initiative, déployée notamment à Ain Defla, Médéa, Boumerdès et Bouira, s'appuie sur des stocks constitués spécifiquement pour réguler le marché en période de forte demande. Les services de l'État appellent désormais les opérateurs du secteur des fruits et légumes à se rapprocher des autorités pour faciliter la distribution de ces réserves vers les circuits de vente.
Le poids des intermédiaires et du plafonnement
La pénurie actuelle est largement attribuée à une défaillance dans la chaîne de distribution. Selon l'économiste Brahim Guendouzi, le plafonnement des prix, fixé entre 80 et 90 dinars le kilogramme, a paradoxalement découragé les acteurs de la filière. Craignant de ne pas pouvoir opérer selon leurs conditions habituelles, de nombreux commerçants ont réduit leur approvisionnement, certains pratiquant même la vente clandestine à des tarifs supérieurs aux prix officiels. Cette situation met en lumière l'influence prépondérante des intermédiaires dans le circuit des produits agricoles frais.
Logistique et perspectives de production
Au-delà des mesures de régulation immédiates, la filière fait face à des défis structurels persistants, notamment en matière de logistique, de stockage et de capacités de transport. L'économiste souligne que le dispositif actuel de déstockage semble désormais limité face à la complexité du marché. Toutefois, l'espoir repose sur le calendrier agricole : la récolte a d'ores et déjà débuté dans la région d'Oued Souf, zone stratégique qui assure une production annuelle importante de 16 millions de quintaux. L'arrivée progressive de cette nouvelle production sur les marchés nationaux pourrait, selon les experts, contribuer à un rééquilibrage naturel de l'offre et de la demande dans les prochaines semaines.