L'Algérie déploie une stratégie de financement climatique pour atteindre ses objectifs de décarbonation d'ici 2035

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 9 lectures
L'Algérie déploie une stratégie de financement climatique pour atteindre ses objectifs de décarbonation d'ici 2035

L'Algérie a récemment défini une feuille de route ambitieuse pour concilier ses engagements climatiques internationaux et ses impératifs économiques. En fixant une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre allant de 14 % à 31 % d'ici 2035, le pays cherche à attirer des financements extérieurs tout en modernisant son appareil productif.

Une trajectoire conditionnée par le soutien international

La nouvelle Contribution déterminée au niveau national (CDN) déposée par Alger repose sur une approche graduée. Si l'effort national propre permet une réduction de 14 % des émissions, le pays ambitionne d'atteindre 31 % sous réserve de transferts de technologies et de financements internationaux. Cette stratégie s'appuie sur le déploiement massif de l'hydrogène vert et un programme solaire d'envergure, piloté par les groupes Sonatrach et Sonelgaz, afin de diversifier le mix énergétique national.

La décarbonation du secteur des hydrocarbures

L'industrie pétro-gazière, pilier de l'économie, est au cœur de cette mutation. L'exécutif a imposé une feuille de route stricte visant l'arrêt du torchage de routine et l'objectif « zéro émission de méthane » à l'horizon 2030. Des partenariats stratégiques, notamment avec le groupe italien Eni, permettent d'ores et déjà d'engager des audits énergétiques et des campagnes de mesure sur les sites de production pour limiter les fuites de gaz, un enjeu technique majeur pour la crédibilité environnementale du pays.

Vers un marché carbone souverain

Pour structurer ces efforts, Alger prépare l'adhésion aux mécanismes de l'Article 6 de l'Accord de Paris. Le gouvernement ambitionne de créer un marché carbone national souverain, conçu pour drainer des investissements privés et protéger les exportations algériennes face aux futures taxes carbone aux frontières, notamment en Europe. Ce dispositif vise à garantir la fiabilité des systèmes de mesure et de vérification (MRV), essentiels pour attirer les capitaux étrangers.

L'impératif du transfert technologique

La réussite de cette transition repose sur l'acquisition de savoir-faire spécialisés. À travers des collaborations avec des acteurs comme le norvégien Equinor, l'Algérie transforme ses sites industriels, tels qu'In Salah et In Amenas, en laboratoires pour le captage et le stockage du carbone. La capacité du pays à opérationnaliser ces technologies et à tenir ses engagements sera scrutée lors de la prochaine COP31, qui servira de test de crédibilité pour cette nouvelle politique climatique.

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