Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a présidé une réunion stratégique visant à finaliser le calendrier de mise en service de la future prison de haute sécurité située dans le Tanezrouft. Ce projet, qui marque une étape clé dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, prévoit le transfert de gestion d'une ancienne caserne militaire vers le ministère de la Justice.
Une transition opérationnelle entre Défense et Justice
La réunion a rassemblé des figures de haut rang, dont le général d'armée Saïd Chanegriha, chef d'état-major de l'ANP, et le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa. L'objectif central était d'harmoniser les étapes finales de conversion de cette infrastructure militaire en établissement pénitentiaire. La présence du directeur général de l'administration pénitentiaire confirme que le projet entre désormais dans sa phase opérationnelle, avec pour priorité l'accueil imminent des premiers détenus.
L'isolement géographique comme levier sécuritaire
Le choix du Tanezrouft, vaste zone désertique située entre Adrar et Bordj Badji Mokhtar, répond à une stratégie de neutralisation des réseaux criminels. Caractérisé par des conditions climatiques extrêmes et un isolement total, ce site naturel agit comme une barrière infranchissable, rendant toute tentative d'évasion quasi impossible. Au-delà de la sécurité physique, cet éloignement vise à rompre les liens entre les chefs de réseaux de narcotrafiquants et leurs relais urbains, une pratique souvent observée dans les centres pénitentiaires classiques.
Une stratégie répressive ciblée
Cette infrastructure est destinée à héberger deux profils spécifiques : les barons de la drogue, qui dirigent les filières et les flux financiers, ainsi que les revendeurs actifs dans les zones urbaines. Ce projet s'inscrit dans une riposte globale contre le trafic de stupéfiants, initiée lors du Conseil supérieur de sécurité en septembre dernier. Cette politique pénale s'accompagne d'une réorganisation sécuritaire plus large, incluant la création d'une structure dédiée à la lutte antidrogue et une intensification des opérations de démantèlement des réseaux transfrontaliers par les forces de sécurité sur l'ensemble du territoire.