L'Alaafin d'Oyo, Oba Abimbola Owoade, a récemment clarifié sa position sur la hiérarchie traditionnelle au sein du Yorubaland, tout en faisant face à des mutations institutionnelles majeures dans l'État d'Oyo. Si le souverain rejette toute volonté de confrontation personnelle, il maintient que le trône de l'Alaafin occupe une place prééminente dans l'histoire et la civilisation yoruba.
Une primauté historique revendiquée
Au cœur des débats sur la préséance traditionnelle, l'Alaafin a réaffirmé son rang historique. Cette prise de parole intervient dans un contexte de tensions avec l'Ooni d'Ife, notamment après la contestation par l'Alaafin de l'attribution du titre de « Okanlomo of Yorubaland » par ce dernier. Pour Oba Abimbola Owoade, cette décision constitue un abus d'autorité et une entorse aux coutumes établies. Il insiste sur le fait que sa position ne relève pas d'une lutte de pouvoir, mais d'une reconnaissance factuelle de l'héritage de l'Empire d'Oyo.
Réformes politiques et perte de la présidence
Parallèlement à ces enjeux coutumiers, l'institution de l'Alaafin subit des changements législatifs significatifs. L'Assemblée de l'État d'Oyo a récemment amendé la loi sur le Conseil des Obas et des Chefs, retirant à l'Alaafin la présidence permanente de cette instance. La nomination de l'Olubadan d'Ibadanland, Oba Rashidi Ladoja, à la tête de ce conseil réorganisé marque une rupture avec l'ordre protocolaire traditionnel. L'absence remarquée de l'Alaafin lors de l'investiture d'Oba Ladoja souligne la complexité des relations entre les autorités politiques locales et les dignitaires traditionnels.
L'Empire d'Oyo en quête de visibilité
Malgré ces turbulences institutionnelles, l'Alaafin se tourne vers la valorisation du patrimoine culturel. Il a annoncé l'organisation de la première édition de l'« Oyo Empire Day », prévue du 17 au 19 décembre à Oyo City. Cet événement, conçu comme une célébration de l'histoire régionale, ambitionne de rassembler près de 40 000 participants. Cette initiative pourrait servir de levier pour renforcer l'influence symbolique de la cité d'Oyo, alors même que son poids politique au sein des instances étatiques fait l'objet de réévaluations législatives.