Le gouvernement de l'État de Lagos a officiellement suspendu toute activité de remblaiement et d'aménagement sur les zones humides, les plaines inondables et les fronts de lagune. Cette décision radicale vise à stopper la dégradation des écosystèmes naturels, considérés comme la première ligne de défense de la mégalopole face à la montée des eaux et à l'érosion côtière.
Une régulation stricte de l'urbanisme
Le gouverneur Babajide Sanwo-Olu a imposé un arrêt immédiat des chantiers ne disposant pas des études d'impact environnemental (EIA) et des autorisations de drainage requises. Cette mesure, effective depuis septembre 2025, souligne la volonté des autorités de reprendre le contrôle sur une urbanisation anarchique qui obstrue les canaux naturels d'évacuation des eaux. Pour l'exécutif, tout projet de développement doit désormais impérativement démontrer sa viabilité face aux contraintes hydrologiques de la ville.
La lutte contre la pollution plastique
Au-delà de la gestion des sols, l'État s'attaque à la saturation des infrastructures de drainage par les déchets. Avec une production quotidienne estimée à 13 000 tonnes de détritus, dont 15 % sont constitués de plastiques, Lagos subit un engorgement chronique de ses canaux. Depuis le 1er juillet 2025, une interdiction stricte frappe le polystyrène et les plastiques à usage unique. Le gouvernement a prévenu que tout commerçant ou distributeur contrevenant à cette règle s'expose à des sanctions sévères, tout en encourageant le développement d'alternatives durables.
Des écosystèmes comme infrastructures critiques
La Nigerian Conservation Foundation (NCF) insiste sur le fait que les zones humides et les mangroves ne sont pas des espaces fonciers disponibles, mais des infrastructures vitales pour la survie de la ville. La vulnérabilité climatique de Lagos, caractérisée par une élévation du niveau de la mer et des épisodes de chaleur extrême, impose une refonte de la planification urbaine. En complément des mesures restrictives, le gouvernement investit dans la restauration des mangroves, la plantation d'arbres et le développement d'espaces verts, tout en appelant les institutions académiques et les citoyens à une gestion responsable des déchets et à une vigilance accrue sur l'occupation des sols.