Une enquête réalisée entre novembre 2025 et février 2026 révèle que, si le traitement antirétroviral (ART) atteint 93,4 % parmi les personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut, seulement 58,3 % des personnes infectées à Lagos savent qu’elles sont porteuses du virus, exposant un important fossé de dépistage.
Des progrès majeurs dans la prise en charge thérapeutique
Le sondage ART Impact 2025‑2026 indique que 129 977 des 192 911 personnes vivant avec le VIH à Lagos bénéficient d’un traitement, soit une couverture globale de 65,7 %. Parmi les personnes qui connaissent leur statut, 93,4 % sont déjà sous ART et 88,9 % de ces patients ont atteint la suppression virale, un indicateur clé de l’efficacité du traitement.
Un déficit de dépistage qui menace les objectifs 95‑95‑95
Malgré ces avancées, seulement 58,3 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, ce qui freine l’atteinte des objectifs mondiaux de l’ONUSIDA (95 % diagnostiqués, 95 % traités, 95 % viraux supprimés). Le secrétaire permanent du ministère de la Santé, Dr Dayo Lajide, a souligné que l’identification des cas reste la priorité absolue, car sans diagnostic, il est impossible d’enchaîner vers le traitement.
Inégalités de genre et lacunes pédiatriques
La prévalence du VIH chez les adultes de 15 à 64 ans est deux fois plus élevée chez les femmes (1,6 %) que chez les hommes (0,8 %). Le même rapport montre une amélioration du taux de prévention de la transmission mère‑enfant, passé de 45 % en 2018 à 57,6 % en 2025, mais signale que le diagnostic précoce des nourrissons et le traitement pédiatrique restent insuffisants. Les responsables appellent à des interventions ciblées pour les mères, les enfants exposés et les jeunes.
Financement durable et mobilisation des ressources locales
Face à la réduction des financements internationaux, le gouvernement de Lagos mise sur la mobilisation de ressources domestiques pour garantir l’approvisionnement en kits de diagnostic rapide et en médicaments antirétroviraux. Le Dr Lajide a rappelé l’importance d’une intégration des services VIH dans les soins de santé de routine afin de renforcer le système et d’assurer la continuité des soins.
Le rôle des partenaires internationaux et de la société civile
Le sondage a été soutenu par le gouvernement américain, le CDC, APIN/PHIS3 et plusieurs organisations de la société civile. Les dirigeants de ces partenaires, dont le Dr Gbolahan Cole du CDC, ont réaffirmé leur engagement à fournir assistance technique et formation. Les représentants des personnes vivant avec le VIH, comme Inolode Emmanuel, insistent pour que les communautés restent au cœur des stratégies, rappelant que le traitement représente « espoir, dignité et survie ».