Le gouvernement fédéral nigérian a officiellement lancé les travaux de reconstruction du pont Carter à Lagos, une infrastructure stratégique vieille de plus de 60 ans. Ce chantier d'envergure, doté d'un budget de 548,98 milliards de nairas, vise à remplacer une structure fragilisée par l'absence d'entretien prolongé et les effets de l'érosion.
Un impératif de sécurité et de mobilité
Long de 1,58 km, le pont Carter souffre de graves défaillances structurelles, notamment au niveau de ses piles, dont certaines se sont détachées de leurs supports. Selon le ministre des Travaux publics, Dave Umahi, l'érosion et l'extraction illégale de sable ont accéléré la dégradation de l'ouvrage. Face à l'importance vitale de cet axe pour la circulation à Lagos, les autorités ont exclu une fermeture totale du pont, optant pour une stratégie de maintenance continue pendant toute la durée des travaux afin d'éviter un chaos logistique majeur dans la métropole.
Une conception moderne pour une durabilité accrue
Le projet de reconstruction, confié à la China Civil Engineering Construction Company (CCECC), intègre des innovations techniques destinées à prolonger la durée de vie de l'ouvrage au-delà de 100 ans. Le nouveau design prévoit une structure à deux niveaux avec des rampes supplémentaires pour fluidifier le trafic, ainsi qu'une section à haubans pour faciliter la navigation fluviale. Des mesures de protection renforcées, incluant l'installation de gabions, seront également déployées pour protéger les fondations contre les risques d'affouillement.
Accélération du calendrier des travaux
Initialement prévu sur 36 mois, le chantier a été réévalué pour une livraison en 24 mois. À ce jour, environ 15 % des travaux préparatoires, incluant l'aménagement de la base vie et des voies d'accès, ont été réalisés. Parallèlement, les interventions sur le pont d'Iddo progressent rapidement : trois travées ont déjà été remplacées et surélevées pour améliorer le dégagement vertical. Les autorités espèrent finaliser cette section spécifique sous dix jours, illustrant une volonté politique de rattraper un retard d'entretien accumulé sur plusieurs décennies.