LASCOPA, l’agence de protection du consommateur de l’État de Lagos, a publié hier une alerte rouge concernant la prolifération d’huile de palme adultérée dans les marchés locaux, mettant en garde contre l’usage de colorants potentiellement cancérigènes et d’huiles recyclées. L’avertissement, fait suite à une présentation technique lors de la Conférence et Exposition sur la sécurité alimentaire de Lagos, vise à inciter les consommateurs à signaler tout produit suspect et à renforcer la surveillance des points de vente.
Red alert de LASCOPA et renforcement de la surveillance
Le directeur général de l’agence, Afolabi Solebo, a rappelé l’engagement de LASCOPA à protéger les Lagosais contre les produits dangereux. Il a exhorté les habitants à « ouvrir les yeux » et à utiliser les canaux officiels de l’agence pour signaler les cas d’huile de palme suspecte. LASCOPA a indiqué que les contrôles dans les marchés seraient intensifiés et que tout commerçant pris en flagrant délit serait arrêté et poursuivi conformément à la législation en vigueur.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où le marché informel de l’huile de palme, très volumineux, facilite les pratiques de falsification. L’agence a mis à disposition un numéro dédié et une plateforme en ligne pour recueillir les signalements, afin d’accélérer les interventions sur le terrain.
Risques identifiés : colorants cancérigènes et huiles recyclées
Lors de la conférence, la chercheuse Dr Nurah Oseni, maître de conférences en technologie alimentaire à l’Institut polytechnique d’Auchi, a présenté les principales menaces liées à l’adultération de l’huile de palme. Elle a souligné que les colorants synthétiques tels que le Sudan et divers colorants azoïques, classés cancérigènes, sont fréquemment ajoutés pour obtenir une teinte rouge foncé, perçue comme gage de qualité par les consommateurs.
Outre les colorants, l’étude d’Oseni a mis en évidence le mélange d’huiles récupérées, dont des huiles de cuisson usagées, ainsi que des mélanges multi‑adultérants conçus pour échapper aux contrôles de base. Ces pratiques augmentent le risque d’exposition à des substances toxiques et compromettent la sécurité alimentaire à grande échelle.
Conseils aux consommateurs et limites des contrôles visuels
Pour aider le public à identifier une huile de palme authentique, Dr Oseni a recommandé des vérifications visuelles simples : l’huile véritable se sépare souvent en deux couches, la partie inférieure affichant une teinte orange à rouge‑jaune plutôt qu’un rouge uniforme. Cependant, elle a précisé que ces indices ne suffisent pas à confirmer l’absence d’adultération, car les colorants peuvent masquer les défauts visibles.
En conséquence, les autorités encouragent les consommateurs à signaler tout doute et à privilégier les produits provenant de fournisseurs certifiés. Elles envisagent également de renforcer les capacités de laboratoire pour réaliser des analyses chimiques plus précises, afin de détecter les colorants interdits et les huiles recyclées.