Avec une production quotidienne estimée entre 13 000 et 14 000 tonnes, Lagos génère plus de 5,1 millions de tonnes de déchets solides chaque année, un défi qui pousse les autorités à réorienter leur politique vers le recyclage, le compostage et la valorisation énergétique.
Un volume de déchets sans précédent
Selon les chiffres publiés par le gouvernement de l’État de Lagos en octobre 2025, la ville pourrait atteindre 98 000 tonnes de déchets en une semaine et 420 000 tonnes en un mois si le taux maximal de 14 000 tonnes par jour se maintient. Cette accumulation massive met sous pression les infrastructures existantes, les routes congestionnées et les sites d’enfouissement, dont la capacité est limitée.
Transition vers une économie circulaire
Face à l’insoutenabilité du modèle « générer‑collecter‑déverser », les autorités ont annoncé en octobre 2025 la conversion quotidienne d’environ 4 000 tonnes de déchets en compost, matériaux recyclables et énergie. Des partenariats sont en cours pour développer la valorisation énergétique des déchets et le traitement des déchets électroniques, afin de réduire la dépendance aux décharges traditionnelles.
Le principe de l’économie circulaire consiste à retenir les matériaux dans le cycle productif : les bouteilles plastiques deviennent matière première, les déchets organiques sont transformés en engrais, et les composants électroniques sont récupérés pour leurs métaux précieux.
Défis opérationnels et rôle des acteurs privés
Le succès de cette transition repose sur une chaîne logistique efficace. Le système de collecte, géré en partie par des opérateurs privés (Private Sector Participation), rencontre des résistances : certains résidents refusent les services assignés, des problèmes de facturation et des dépôts illégaux persistent. Le gouvernement souligne la nécessité d’améliorer la fiabilité des opérateurs, de rendre la facturation plus transparente et d’offrir des solutions alternatives aux zones mal desservies.
Parallèlement, la Lagos Waste Management Authority (LAWMA) signale une hausse du nombre d’entreprises de recyclage, passant de trois à soixante‑dix‑huit, créant plus de 6 000 emplois. Chaque étape – collecte, tri, transport, transformation – génère des opportunités économiques, renforçant le lien entre gestion des déchets et développement d’une « green economy ».
Perspectives et mesures de succès
Les autorités ne prétendent pas éliminer totalement les décharges, mais visent à réduire progressivement la quantité de déchets destinés à l’enfouissement. Le critère de réussite sera la part des matériaux récupérés et réinjectés dans la production, plutôt que la simple disparition des ordures des rues.
Pour atteindre cet objectif, il faut combiner une collecte efficace, des incitations à la séparation à la source et des investissements dans les infrastructures de traitement. La coopération des habitants, la transparence des services privés et le soutien public aux projets de recyclage seront déterminants pour transformer le fardeau environnemental de Lagos en une ressource économique durable.