L'agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a confirmé la note de crédit du Ghana à « B-/B », assortie d'une perspective stable. Cette décision reflète une résilience économique portée par le secteur aurifère, tout en mettant en lumière des vulnérabilités structurelles persistantes au sein des institutions financières nationales.
L'impact du secteur aurifère sur la résilience nationale
Selon le rapport publié par S&P le 25 septembre 2025, la performance du secteur de l'or joue un rôle déterminant dans l'amélioration des indicateurs extérieurs du pays. Cette dynamique permet à l'économie ghanéenne de mieux absorber les chocs liés aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Parallèlement, l'agence souligne l'importance des réformes budgétaires en cours, soutenues par un instrument de coordination des politiques de 36 mois mis en place avec le Fonds monétaire international (FMI).
Les inquiétudes sur la Banque centrale et les entreprises d'État
Malgré cette stabilité, S&P exprime des réserves quant à la solidité financière de la Banque du Ghana. L'institution centrale a vu sa position affaiblie par une stratégie gouvernementale axée sur l'accumulation rapide de réserves en devises étrangères via les exportations d'or, une politique qui nécessite désormais une recapitalisation significative. L'agence pointe également les coûts budgétaires élevés associés au Ghana Gold Board (GoldBod) et appelle à une gestion plus rigoureuse des finances publiques face au poids persistant du service de la dette et aux passifs éventuels des entreprises d'État.
Les facteurs de risque pour les 18 prochains mois
L'agence de notation a identifié plusieurs scénarios susceptibles d'entraîner une dégradation de la note souveraine au cours des 12 à 18 prochains mois. Une baisse pourrait être actée si le gouvernement éprouvait des difficultés à refinancer ses échéances de dette, notamment en cas de dérapages budgétaires ou de contre-performances de la Banque centrale. De plus, une détérioration des termes de l'échange, comme une chute des cours de l'or, du cacao ou du pétrole, fragiliserait les besoins de financement extérieur du pays. Enfin, S&P reste vigilante sur le processus de restructuration de la dette, avertissant qu'un blocage dans les négociations avec les créanciers, dans le cadre du Cadre commun du G20, constituerait un risque majeur pour la stabilité financière du Ghana.