L'agence de notation Fitch Ratings a révisé la perspective de la note souveraine du Nigeria, la faisant passer de stable à positive, tout en maintenant la note à 'B'. Cette décision, saluée par le gouvernement nigérian, souligne l'impact des réformes structurelles engagées pour stabiliser le cadre macroéconomique du pays.
Des indicateurs financiers en phase de consolidation
La révision de cette perspective repose sur plusieurs piliers identifiés par l'agence : une plus grande flexibilité du naira, une tendance à la désinflation et une accumulation rapide des réserves de change. Ces dernières ont atteint 54,9 milliards de dollars en septembre 2026, contre 32 milliards en avril de la même année. Cette dynamique est soutenue par une hausse des recettes d'exportation, des flux de remises et une meilleure formalisation des transactions en devises. Par ailleurs, la production pétrolière, stabilisée à 1,5 million de barils par jour, et la montée en puissance du raffinage domestique contribuent à réduire la pression sur les importations de produits pétroliers.
Perspectives de croissance et gestion de la dette
Fitch anticipe une accélération de la croissance du PIB réel, projetée à 4,3 % en 2026, portée principalement par les activités hors hydrocarbures. Sur le plan budgétaire, l'agence souligne que le ratio de la dette publique, attendu en moyenne à 32 % du PIB entre 2026 et 2028, demeure nettement inférieur à la médiane de 56 % observée chez les pays notés 'B'. Le gouvernement mise désormais sur des réformes fiscales pour accroître les revenus non pétroliers et optimiser l'efficacité des dépenses publiques, tout en poursuivant le renforcement du secteur bancaire, dont les ratios de solvabilité dépassent les 20 %.
Le défi de la transformation structurelle
Malgré cet optimisme, le gouvernement nigérian reconnaît que des obstacles structurels persistent, notamment une inflation encore élevée, une base de revenus publics limitée par rapport à la production économique et le poids des intérêts de la dette. Le ministre des Finances, Taiwo Oyedele, a réaffirmé la volonté de l'administration de maintenir le cap des réformes, incluant la suppression des subventions aux carburants et l'unification du taux de change. L'objectif à moyen terme demeure l'obtention du statut « investment-grade », afin de réduire les coûts d'emprunt, d'attirer les investissements privés et de stimuler la création d'emplois, traduisant ainsi la stabilité macroéconomique en prospérité partagée.