L'agence de notation Fitch a confirmé le maintien de la note A+ de la dette française, assortie d'une perspective stable. Ce verdict, rendu à quelques semaines de l'ouverture des débats budgétaires pour 2027, offre un répit à l'Hexagone tout en soulignant la fragilité persistante de ses finances publiques.
Un maintien sous surveillance
Le maintien de cette note, équivalente à un 16/20, repose sur la solidité institutionnelle et économique du pays, des piliers déjà salués lors de la précédente évaluation en mars dernier. Toutefois, ce choix de Fitch intervient dans un contexte macroéconomique dégradé. La France a frôlé la récession au deuxième trimestre 2026, poussant le gouvernement à réviser ses prévisions de croissance à la baisse, passant de 0,9 % à 0,7 % pour l'année en cours. Parallèlement, l'inflation a connu un regain en août, atteignant 2,4 % sur un an, principalement sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie.
Le poids des indicateurs financiers
La situation des finances publiques demeure une source d'inquiétude majeure. Alors que le déficit public était estimé à 4,9 % du PIB par l'agence en mars, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a reconnu la difficulté d'atteindre les objectifs initiaux. Cette pression est accentuée par des taux d'emprunt d'État à des niveaux inédits depuis près de vingt ans, alourdissant mécaniquement le coût de la dette. Avec un endettement public s'élevant à 117,5 % du PIB fin mars, la marge de manœuvre budgétaire se réduit considérablement.
L'incertitude politique en ligne de mire
L'attention se porte désormais sur les discussions parlementaires concernant le budget 2027, un exercice périlleux pour le Premier ministre Sébastien Lecornu dans un contexte d'absence de majorité claire. Si ce budget est une étape immédiate, les analystes estiment que la véritable clé de la notation à long terme réside dans les orientations qui émergeront de l'élection présidentielle de 2027. Le débat sur la gestion de la dette s'est d'ailleurs invité dans l'arène politique, avec des propositions divergentes allant de l'annulation partielle de la dette à des politiques d'austérité, cristallisant les oppositions entre les différents courants politiques.
Les prochaines échéances des agences
Ce maintien par Fitch ne clôt pas le dossier de la crédibilité financière de la France. Les regards se tournent désormais vers les deux autres agences majeures : Moody's, dont l'avis est attendu le 23 octobre, et S&P Global Ratings, qui se prononcera le 27 novembre. Ces évaluations seront déterminantes pour confirmer si la signature française parvient à stabiliser sa trajectoire dans un environnement international marqué par des tensions géopolitiques et une volatilité accrue des marchés.