L'agence américaine de contrôle de l'immigration et des douanes (ICE) modernise ses capacités opérationnelles en intégrant des chiens-robots et des dispositifs de contention électrique. Cette stratégie technologique, qui soulève des questions sur l'usage de la force et la surveillance, s'inscrit dans une tendance plus large d'automatisation des interventions sécuritaires aux États-Unis.
Un arsenal technologique en pleine expansion
Au-delà de l'acquisition de chiens-robots conçus par Boston Dynamics pour patrouiller, l'ICE a conclu un contrat majeur de 16,7 millions de dollars avec la société Compliant Technologies. Cet accord porte sur la fourniture de 6 000 paires de gants à décharge électrique, destinés au contrôle des personnes détenues ainsi que des manifestants. Parallèlement, l'agence a renforcé ses capacités d'analyse de données en intégrant les outils de Palantir et en accédant aux bases de données de LexisNexis, consolidant ainsi un écosystème de surveillance numérique et physique.
La sécurité des agents comme justification officielle
L'agence justifie ces investissements par la nécessité de garantir la sécurité de ses officiers sur le terrain. Cette posture intervient dans un contexte marqué par des incidents mortels impliquant des agents de l'ICE, notamment les décès de Renee Good et Alex Pretti dans le Minnesota. Bien que le ministère de la Justice ait transmis des éléments de preuve aux autorités locales en juillet dernier, l'absence de poursuites judiciaires contre les agents concernés alimente les débats sur la responsabilité et l'usage de la force au sein de l'institution.
Le précédent des polices municipales
L'utilisation de robots Spot par l'ICE s'inscrit dans une expérimentation plus large des forces de l'ordre américaines. À Honolulu, un robot avait été déployé en 2021 pour des contrôles sanitaires auprès de populations sans domicile fixe, un programme aujourd'hui abandonné. À New York, le déploiement d'un robot surnommé « Digidog » avait été stoppé net après une vive opposition des élus municipaux et de la société civile, illustrant la méfiance croissante face à l'automatisation des missions de police. Ces précédents soulignent les défis éthiques et politiques auxquels l'ICE pourrait faire face en déployant ces technologies pour la traque des migrants.