L'agence américaine de l'immigration (ICE) a officialisé l'acquisition d'une flotte de robots quadrupèdes conçus par Boston Dynamics. Cet investissement, estimé entre 1 et 2 millions de dollars, vise à renforcer les capacités opérationnelles de l'agence dans des environnements complexes ou jugés dangereux.
Un déploiement technologique pour la surveillance
Le contrat porte sur l'acquisition d'une dizaine de robots de modèle Spot, dont la livraison est prévue pour le 24 avril 2027 sur la base militaire de Fort Benning. Ces machines, lancées en 2020, sont capables de se déplacer de manière autonome sur des terrains accidentés grâce à un système sophistiqué de caméras et de capteurs. L'ICE justifie cet achat par la nécessité d'améliorer la sécurité de son personnel et d'optimiser la prise de décision lors d'interventions dans des zones difficiles d'accès ou instables.
La position de Boston Dynamics
De son côté, le fabricant Boston Dynamics soutient que l'usage de ces robots s'inscrit dans des missions légitimes de détection de gaz dangereux ou de recherche et sauvetage. L'entreprise précise que cette technologie est déjà déployée pour sécuriser des infrastructures critiques, notamment des centres de données. Cette collaboration intervient malgré une tribune cosignée par le fabricant en 2022, dans laquelle il s'engageait à ne pas armer ses robots à usage général, une restriction qui ne s'applique toutefois pas aux équipements destinés aux forces de sécurité et aux usages militaires.
Une stratégie d'équipement controversée
L'intégration de ces robots s'inscrit dans une politique plus large de modernisation des moyens de contrôle de l'agence. Parallèlement à ce contrat, l'ICE a également conclu une commande de 16,7 millions de dollars pour l'acquisition de 6 000 paires de gants à décharge électrique, destinés à renforcer la dissuasion lors des interpellations. L'utilisation de robots Spot par des services de maintien de l'ordre a par le passé suscité des débats intenses aux États-Unis : si la police de Honolulu les a testés pour des contrôles sanitaires avant d'abandonner l'initiative, la ville de New York a également annulé un contrat similaire face à l'opposition marquée des élus locaux et de l'opinion publique.