L'Afrique voit sa production de tabac grimper de 9 % et ses dépenses d'importation de cigarettes doubler, prévient l'OMS

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 68 lectures
L'Afrique voit sa production de tabac grimper de 9 % et ses dépenses d'importation de cigarettes doubler, prévient l'OMS

Une analyse de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle que la production de feuilles de tabac en Afrique a augmenté de près de 9 % entre 2012 et 2024, alors que la production mondiale a reculé de 19 %. Parallèlement, les dépenses du continent en cigarettes importées sont passées de 833 millions à 1,77 milliard de dollars, soit plus du double.

Une hausse régionale concentrée en Afrique de l'Est

En 2024, l'Afrique représente environ 11 % de la production mondiale de feuilles de tabac, avec une concentration marquée dans cinq pays : le Zimbabwe, le Malawi, la Tanzanie, le Mozambique et l'Ouganda. L'Afrique de l'Est, à elle seule, assure près de 90 % de la production continentale, soulignant le rôle pivot de cette zone dans la filière tabac.

Des dépenses d'importation qui explosent

Le coût des cigarettes importées a plus que doublé en douze ans, passant de 833 millions à 1,77 milliard de dollars. Cette hausse reflète une demande intérieure qui ne se satisfait pas uniquement de la production locale de tabac brut, mais qui dépend largement de produits manufacturés à l'étranger.

Conséquences sanitaires, économiques et environnementales

Le Dr Vinayak Prasad, responsable de l'Initiative sans tabac de l'OMS, rappelle que le tabac n'est pas seulement un problème de santé publique, mais aussi une question de commerce, de développement et d'environnement. Les cultivateurs et leurs familles sont exposés au « green tobacco sickness », une intoxication nicotinique absorbée par la peau des feuilles humides, ainsi qu'aux pesticides et à la poussière de tabac. Le travail des enfants dans les champs, parfois au détriment de la scolarité, est également signalé dans plusieurs économies à revenu faible ou intermédiaire.

Sur le plan environnemental, la culture du tabac exerce une pression sur les terres et les ressources en eau, concurrençant la production alimentaire. Le processus de séchage libère des gaz à effet de serre, tandis que la déforestation et la dégradation des sols sont liées à l'expansion des plantations.

Appel de l'OMS à une transition vers des alternatives viables

L'OMS indique que les exportations de feuilles de tabac ne contribuent à plus d'un pour cent du PIB que dans quelques pays, dont le Zimbabwe et le Malawi, ce qui remet en cause l'argument selon lequel le tabac serait indispensable à la plupart des économies africaines. L'organisation invite les gouvernements à soutenir les agriculteurs désireux de quitter la filière tabac et à promouvoir des cultures alternatives économiquement viables. Elle recommande également le renforcement des mesures de contrôle du tabac, conformément à la Convention-cadre de l'OMS pour le contrôle du tabac, afin de réduire les charges sanitaires et économiques liées à la consommation et au commerce du tabac.

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