Le Parlement panafricain engage une réforme majeure pour intégrer la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé du continent, avec un objectif clair : réduire la mortalité maternelle et néonatale.
Un cadre légal continental pour valoriser un héritage ancestral
Le Parlement panafricain a adopté une résolution visant à élaborer une loi modèle sur les médecines traditionnelles et la protection des savoirs locaux. Ce texte, porté par la Commission santé, travail et affaires sociales, vise à harmoniser les cadres juridiques et réglementaires entre les États membres de l’Union africaine. L’initiative reconnaît la place centrale de la médecine traditionnelle, encore largement utilisée par des millions d’Africains, tout en insistant sur son intégration basée sur des preuves scientifiques.
La loi modèle doit encadrer la reconnaissance des praticiens traditionnels, la qualité des remèdes, et renforcer la collaboration entre systèmes de santé conventionnels et traditionnels. Elle encourage également les États à investir dans les soins primaires, à améliorer l’accès aux services de santé maternelle et néonatale, et à soutenir la recherche locale pour valider et produire des médicaments traditionnels.
Réduction de la mortalité et souveraineté sanitaire en ligne de mire
La résolution met l’accent sur la santé des mères et des nouveau-nés, soulignant le rôle clé des guérisseurs traditionnels, des sages-femmes et des travailleurs communautaires dans la promotion des soins prénatals et des accouchements sécurisés. Elle appelle à l’accréditation des praticiens, à la protection des savoirs autochtones et à une meilleure coordination entre acteurs traditionnels et modernes.
Les États sont invités à renforcer leurs politiques publiques pour garantir l’accès aux médicaments essentiels, aux vaccins et aux diagnostics, notamment dans les zones rurales et mal desservies. La Commission a été chargée de finaliser cette loi modèle en collaboration avec les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), les institutions de recherche et les partenaires au développement. L’objectif ultime : améliorer la souveraineté sanitaire du continent tout en réduisant les taux de mortalité maternelle et néonatale.