L’ex-président nigérian Goodluck Jonathan alerte sur le risque pour l’Afrique de rester à l’écart de la révolution technologique mondiale, faute d’investissements massifs dans la formation des jeunes et la spécialisation des institutions éducatives.
Une révolution technologique en marche, mais l’Afrique en marge
Lors d’une conférence à l’École nationale de défense du Nigeria, l’ancien chef d’État nigérian Goodluck Jonathan a souligné que le continent africain pourrait manquer le virage de la révolution technologique actuelle, pourtant moteur de la prospérité mondiale. Selon lui, la richesse en ressources naturelles ne suffit plus : sans capacité à les transformer en biens et services à haute valeur ajoutée, l’Afrique continuera de stagner.
Jonathan a rappelé que les économies les plus avancées reposent désormais sur la connaissance, l’innovation et la technologie, des secteurs où l’Afrique accuse un retard criant. Malgré ses ressources abondantes, son marché intérieur et son capital humain, le continent peine à industrialiser et à ajouter de la valeur à ses productions.
Des universités africaines en crise et un système éducatif à repenser
L’ancien président a pointé du doigt la faible performance des universités africaines dans les classements mondiaux, un symptôme selon lui d’un système éducatif inadapté aux défis technologiques et industriels. Pour Jonathan, une industrialisation durable passe par une refonte en profondeur de l’éducation, depuis le primaire jusqu’à l’université, avec un accent mis sur la spécialisation et la formation aux compétences clés.
Il a critiqué l’absence d’universités spécialisées en Afrique, comparant la situation à une « catastrophe ». Selon lui, les institutions doivent former des talents capables d’innover et de dominer les secteurs stratégiques comme les sciences, la technologie, l’ingénierie et les technologies de l’information. « Nous devons former nos meilleurs cerveaux pour contrôler et dominer le monde », a-t-il déclaré, citant l’exemple de l’Inde, dont la transformation en puissance technologique repose sur des institutions ciblées.
Singapour et l’Inde, modèles à suivre pour l’Afrique
Jonathan a mis en avant deux exemples de réussite : Singapour, dont la croissance économique a été portée par des investissements massifs dans l’éducation et la formation professionnelle, et l’Inde, qui a su développer des institutions spécialisées pour former une main-d’œuvre hautement qualifiée en informatique. Ces modèles, selon lui, prouvent qu’une stratégie volontariste en matière d’éducation et de capital humain peut propulser un pays dans l’économie mondiale.
Il a appelé les dirigeants africains à prioriser ces investissements, soulignant que les jeunes représentent l’une des ressources les plus précieuses du continent. Pour les futurs leaders formés à l’École nationale de défense, il a insisté sur leur rôle clé dans la mise en place de politiques publiques favorisant l’éducation, l’innovation et l’industrialisation dans leurs pays respectifs.