L'Afrique face au défi de transformer ses minerais critiques en levier de développement industriel

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 15 lectures
L'Afrique face au défi de transformer ses minerais critiques en levier de développement industriel

Réunis à Accra pour l'édition 2026 de l'AFREIKH Summer School, des décideurs et experts africains ont posé un diagnostic sans concession sur la gestion des ressources extractives du continent. Face à l'explosion de la demande mondiale en minerais de transition, l'enjeu est désormais de rompre avec le modèle historique d'exportation de matières premières pour favoriser une industrialisation locale durable.

Un héritage extractif à transformer

Benjamin Boakye, directeur exécutif de l'Africa Centre for Energy Policy (ACEP), a souligné l'échec relatif des politiques passées, où l'exploitation des hydrocarbures et des minerais précieux a souvent conduit à un affaiblissement institutionnel et à une dégradation environnementale plutôt qu'à une transformation économique. Pour les organisateurs, le constat est clair : la simple extraction ne suffit plus. Il est impératif de transformer ce sentiment d'échec collectif en une détermination politique visant à renforcer la redevabilité et à bâtir des institutions capables de transformer les ressources du sous-sol en opportunités concrètes pour les populations.

Dépasser le modèle de l'exportation brute

La question centrale soulevée par Nafi Quarshie, directrice Afrique du Natural Resource Governance Institute (NRGI), est celle de la valeur ajoutée. Le paradoxe d'un continent riche en ressources mais pauvre en énergie et en capacités industrielles doit être résolu par une stratégie régionale cohérente. L'objectif est de structurer des chaînes de valeur locales, incluant la transformation, la fabrication et l'innovation, afin que la richesse générée par le lithium, le manganèse, le graphite, le nickel et le cobalt profite directement au développement du continent.

Gouvernance et impératifs de réussite

Les partenaires internationaux, à l'instar de la coopération suisse, insistent sur le fait que la richesse naturelle ne garantit pas, par elle-même, le succès économique. La réussite de la transition énergétique africaine dépendra avant tout de la solidité des cadres de gouvernance nationaux. Alors que la formation se poursuit jusqu'au 27 août, les participants sont appelés à intégrer des politiques économiques rigoureuses, capables de naviguer entre les contraintes fiscales et les risques de corruption, afin de garantir que la transition énergétique serve réellement les intérêts socio-économiques des pays africains.

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