Les pays africains font face à un défi de taille : le service de la dette, qui absorbe une part importante de leurs ressources, au détriment des investissements dans la santé, l'éducation et la résilience climatique.
Le coût de la dette en Afrique
Les pays africains dépensent environ 90 milliards de dollars chaque année pour le service de leur dette, et paient 75 milliards de dollars supplémentaires en intérêts à cause du risque élevé associé à l'emprunt. Ce fardeau financier pèse sur les gouvernements africains, les forçant à faire des choix difficiles entre rembourser leurs dettes et investir dans des secteurs cruciaux.
Les conséquences sur le développement durable
L'Afrique a besoin de 1,3 billion de dollars par an pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. Or, le coût de la dette limite les capacités d'investissement dans ces domaines essentiels. Le Principal Secrétaire aux Affaires Étrangères du Kenya, Korir Sing'oei, souligne que l'Afrique paie plus en service de la dette qu'en aide et financement climatique combinés.
La pression sur les gouvernements
Le cas du Nigeria illustre cette pression : le gouvernement a déclaré avoir encouru 10,61 billions de nairas en coûts supplémentaires de service de la dette entre juin 2023 et décembre 2025, soit plus que les dépenses en infrastructures stratégiques pendant la même période.
L'évolution des créanciers
La nature des créanciers a changé, avec une part croissante de la dette détenue par des détenteurs privés de titres dans des centres financiers comme Londres, Hong Kong et les États du Golfe. Cette évolution complique les négociations de restructuration de la dette, comme l'a montré le cas du Zambia.
Les propositions pour une réponse collective
Les gouvernements africains cherchent à réduire leur exposition à l'emprunt coûteux. Ils proposent une approche collective dans les négociations de dette, en s'appuyant sur la position commune africaine sur la dette adoptée à Lomé, au Togo. Ils soutiennent également la création d'un Club des Débiteurs, une coalition de pays débiteurs visant à renforcer la position des pays en développement dans les négociations sur le système financier mondial.