L'Afrique face à sa révolution IA : exploiter les données pour un développement équitable

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 28 lectures
L'Afrique face à sa révolution IA : exploiter les données pour un développement équitable

Lors du 2026 Day of Scientific Renaissance of Africa, organisé par une faculté de l’Université du Ghana, le directeur de l’Institut des sciences appliquées et de la technologie (IAST) a appelé à une transformation des données africaines en solutions d’intelligence artificielle (IA) équitables. Selon le texte source, le professeur Samuel Kojo Kwofie a souligné que le continent dispose d’un potentiel inexploité, comparant les données à un « nouvel or ».

L’événement, placé sous le thème « Des molécules aux écosystèmes : solutions scientifiques pour une Afrique équitable », a mis en lumière les défis sociétaux majeurs du continent, notamment l’accès aux soins de santé, l’éducation, la sécurité alimentaire et les opportunités économiques pour les groupes vulnérables. Le professeur Kwofie a insisté sur la nécessité pour l’Afrique d’investir délibérément dans l’IA pour répondre à ces enjeux, tout en reconnaissant les avancées déjà observées sur le continent.

Le Ghana, à travers sa stratégie nationale en matière d’IA pour 2025-2035, s’engage dans cette voie. Le document, lancé officiellement par les autorités, vise à faire du pays une société « alimentée par l’IA » d’ici 2035, en s’appuyant sur des infrastructures technologiques et une main-d’œuvre qualifiée. Le cadre réglementaire ghanéen, notamment la loi sur la protection des données de 2012, offre un socle juridique pour encadrer l’utilisation des données personnelles, un prérequis essentiel pour un développement responsable de l’IA.

L’IAST, basé à l’Université du Ghana, joue un rôle central dans cette dynamique. L’institut se positionne comme un acteur de liaison entre la recherche, l’industrie et la société, avec sept unités transversales dédiées, dont une plateforme dédiée à l’IA, aux sciences des données et à l’ingénierie. Ces structures forment des jeunes aux compétences en IA et visent à traduire les résultats de recherche en produits accessibles aux communautés. Parmi ses initiatives, l’IAST développe des outils médicaux à bas coût, comme des ventilateurs open source ou des agents conversationnels pour le suivi des risques prénatals, ainsi qu’une plateforme dédiée à la recherche pharmaceutique assistée par IA.

Le professeur Kwofie a souligné l’urgence pour les universités africaines de s’imposer comme des acteurs clés de cette révolution. Il a appelé les institutions à se transformer en « universités alimentées par l’IA » d’ici la prochaine décennie, afin de produire des solutions adaptées aux défis locaux. Cette vision s’inscrit dans un contexte continental marqué par une croissance significative des investissements en IA, passant de plusieurs milliards de dollars en quelques années, selon le texte source. Des organisations internationales, dont l’UNESCO et l’Union africaine, appuient cette transition en encourageant le développement de solutions locales.

Les applications concrètes de l’IA en Afrique illustrent cette approche pragmatique. Dans le secteur agricole, des outils fournissent aux petits exploitants des informations météorologiques, des diagnostics de maladies des cultures ou des conseils de marché, parfois via des plateformes simples comme WhatsApp, dans des langues locales. Ces innovations, qualifiées de « frugales », visent à rendre la technologie accessible et abordable, sans nécessiter d’infrastructures coûteuses. Un autre exemple est l’utilisation d’outils d’IA par des accoucheuses traditionnelles en milieu rural, permettant des diagnostics médicaux sans accès à des équipements sophistiqués.

Pour le professeur Kwofie, l’enjeu des dix prochaines années sera de déterminer si l’Afrique deviendra un producteur de technologies IA ou restera dépendante de solutions conçues ailleurs. Son plaidoyer s’adresse autant aux décideurs qu’aux chercheurs, avec un message clair : l’exploitation des données africaines doit servir en priorité les besoins des populations locales.

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