L’Afrique attire désormais l’attention des investisseurs internationaux, non plus seulement pour ses matières premières, mais aussi pour ses actifs alternatifs comme l’immobilier de luxe et les objets d’art. Une émission récente sur BFM Business a mis en lumière cette tendance, révélant comment des experts français analysent ces opportunités et leurs risques.
Des actifs africains sous les projecteurs des investisseurs
Lors d’une émission diffusée le 26 août 2026, trois spécialistes français des investissements financiers et du patrimoine ont partagé leur analyse sur l’attractivité croissante de l’Afrique. Parmi eux, Elie Attia, conseiller en investissements financiers, Romain Joudelat, fondateur de Rochevelle Gestion Privée (anciennement GreenPeak), et Grégoire de Thoury, expert en mobilier et objets d’art chez Aguttes, ont souligné l’émergence de nouveaux marchés pour les capitaux étrangers.
Leur discussion a porté sur des secteurs jusqu’ici marginaux dans les stratégies d’investissement classiques : l’immobilier de luxe et les objets d’art africains. Ces actifs, autrefois réservés à une élite locale ou internationale, gagnent en visibilité et en liquidité, attirant des fonds étrangers en quête de diversification et de rendements attractifs.
L’immobilier de luxe africain : un marché en pleine structuration
Romain Joudelat, dont l’entreprise a récemment changé de nom pour refléter une orientation plus large, a expliqué comment le marché immobilier africain, notamment dans les grandes métropoles, commence à séduire les investisseurs institutionnels et privés. Les projets résidentiels haut de gamme, les résidences secondaires ou les espaces commerciaux premium sont désormais perçus comme des valeurs refuges, notamment dans un contexte de volatilité des marchés financiers traditionnels.
Cette dynamique s’accompagne cependant de défis majeurs : instabilité juridique dans certains pays, complexité des régimes fiscaux, ou encore manque de transparence dans les transactions. Les experts ont insisté sur la nécessité de s’entourer de conseils locaux et de structures adaptées pour sécuriser ces investissements.
Les objets d’art africains : entre spéculation et préservation culturelle
Grégoire de Thoury a quant à lui abordé le marché des objets d’art africains, un secteur où la demande internationale explose. Les pièces anciennes, les sculptures ou les textiles traditionnels sont désormais recherchés par des collectionneurs du monde entier, faisant flamber les prix sur le marché secondaire.
Cette tendance soulève des questions éthiques et culturelles. D’un côté, elle permet de valoriser le patrimoine africain et de financer des initiatives locales. De l’autre, elle risque d’accélérer la fuite des œuvres vers l’étranger, privant le continent de ses trésors. Les experts ont appelé à un encadrement plus strict des exportations et à une meilleure collaboration entre les acteurs locaux et internationaux pour concilier préservation et commerce.
Vers une nouvelle ère d’investissement en Afrique ?
L’émission a révélé une prise de conscience croissante : l’Afrique n’est plus seulement un eldorado pour les matières premières ou les technologies, mais aussi pour des actifs alternatifs porteurs de valeur. Cependant, cette opportunité s’accompagne de risques systémiques qui nécessitent une approche prudente et informée.
Pour les investisseurs africains et diasporiques, cette tendance ouvre des perspectives inédites. Mais elle exige aussi une veille constante sur les évolutions réglementaires et les dynamiques locales. Une chose est sûre : le continent, longtemps sous-estimé dans les stratégies patrimoniales globales, est désormais un terrain de jeu incontournable pour les capitaux avertis.