Le ministre sud-africain de la Science, de la Technologie et de l'Innovation, Blade Nzimande, a appelé à une refonte profonde de la stratégie nationale de recherche. Cette initiative fait suite à la publication d'un rapport ministériel soulignant la vulnérabilité du pays face aux fluctuations des priorités financières des puissances étrangères.
Une dépendance extérieure devenue un risque stratégique
Le gouvernement sud-africain pointe du doigt les limites d'un modèle de recherche trop largement soutenu par des capitaux internationaux. Le ministre Nzimande a rappelé les leçons tirées de la pandémie de COVID-19, durant laquelle les restrictions imposées par les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont entravé l'accès du pays aux vaccins et aux traitements essentiels. Cette expérience a mis en lumière les dangers d'une dépendance excessive envers les partenaires occidentaux pour la souveraineté sanitaire et technologique du pays.
Le retrait des financements américains en question
La nécessité de cette réforme est exacerbée par des décisions récentes affectant directement les capacités de recherche locales. En janvier 2025, le gouvernement américain a officialisé le retrait de ses financements pour des programmes cliniques et de recherche majeurs en Afrique du Sud, notamment dans les domaines critiques de la lutte contre le VIH/Sida et la tuberculose. Ce désengagement soudain impose une réorganisation immédiate des priorités budgétaires nationales pour éviter une interruption des travaux scientifiques vitaux.
Vers une nouvelle architecture de financement
Le rapport du groupe de travail ministériel, présenté à Pretoria, propose une feuille de route pour adapter la politique scientifique aux nouvelles tensions géopolitiques mondiales. L'objectif affiché est de sécuriser les investissements dans l'innovation en diversifiant les sources de financement et en renforçant les capacités internes. Pour Pretoria, il s'agit désormais de transformer le système de recherche pour qu'il soit moins sensible aux changements de cap diplomatiques des partenaires traditionnels, garantissant ainsi une continuité dans les projets scientifiques d'intérêt national.